Le 3 décembre 1983, la Marche pour l'égalité et contre le racisme arrive à Paris

Vendredi 03 décembre 08h00 : événement sur la journée

le 3 décembre 1983, la Marche pour l'égalité et contre le racisme arrive à Paris. Elle est une réponse à la multiplication des crimes racistes qui touchent les jeunes des quartiers populaires pendant toute l'année 1983 : ce sont plus de 20 personnes issues de l'immigration qui trouvent la mort cette année-là.
A cette époque, comme aujourd'hui, cette flambée des crimes racistes est le résultat de la parole raciste du monde politique. L'islamophobie commence ses premiers dégâts humains en France. Ainsi, en janvier 1983, le Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, le ministre socialiste de l'Intérieur Gaston Defferre et le ministre socialiste du Travail Jean Auroux avaient accusés les grévistes CGT de Renault-Billancourt, en majorité des « travailleurs immigrés », d'être manipulés par des « intégristes ». Mauroy déclare ensuite au Monde du 11 février que les grévistes de Renault « sont agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ».
La marche part le 15 octobre du quartier de la Cayolle à Marseille qui a été récemment endeuillé par le crime raciste d'un enfant de 13 ans. Les marcheurs sont très isolés au départ mais très vite il apparaît que cette marche correspond aux attentes des jeunes issus de l'immigration. Elle ne cessera de grandir et ce sont 100 000 manifestants qui arrivent à Paris le 3 décembre. Affolé par la perspective d'un mouvement massif des jeunes des quartiers populaires, le parti socialiste crée de toute pièce à coup de millions et avec l'appui de tous les médias lourds SOS Racisme. Tirons les leçons de notre marche : nous avons besoin d'un mouvement autonome !