Manifestation contre l'État d'urgence

Samedi 30 janvier 14h30

Une journée de mobilisation nationale contre l'État d'urgence et le projet de déchéance de la nationalité s'organise le 30 janvier. A Grenoble, un collectif unitaire appelle à manifester à partir de 14h30, de la caserne de Bonne jusqu'au jardin de ville en passant par la préfecture.

La banderole en tête de la manifestation sera "NON A L'ETAT D'URGENCE ET A LA DECHEANCE DE LA NATIONALITE"

Voici un des textes d'appel à manifestation :

"NON A L’ETAT D’ URGENCE : NON A LA GUERRE ! NON AU TERRORISME DE DAESH ! OUI AU RESPECT DES LIBERTES FONDAMENTALES !

Le Samedi 30 janvier 2016 nous appelons, comme à Paris et dans les régions, à une grande manifestation contre l’état d’urgence Pour Grenoble départ à 14h30 à la caserne de Bonne

Les attentats horribles commis à Paris et Saint Denis le 13 novembre dernier ont provoqué la mort de 130 personnes et en ont blessé plus de 300 autres. C’est une tragédie effroyable et inqualifiable. Comme sont tout aussi horribles les massacres perpétrés en Syrie (300000 morts depuis 2011 !), en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Turquie, au Kenya, au Congo, en Centre Afrique, au Burkina Faso... Sans parler des guerres, elles aussi terriblement meurtrières, dans lesquelles les puissances occidentales sont engagées et qui sont autant de terreaux du terrorisme.

Une atteinte gravissime à nos droits et à nos libertés censé être un outil dans la lutte contre le terrorisme, l’état d’urgence est surtout une atteinte inacceptable contre nos libertés individuelles et publiques et nos droits. En effet, l’état d’urgence autorise « en cas de péril imminent résultant d’atteinte grave à l’ordre public » des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre juridique et pour toute personne dont le comportement est jugé suspect. Près de 3000 perquisitions ont été réalisées à ce jour, souvent avec des brutalités policières qui terrorisent les familles : policiers cagoulés, menottes mises systématiquement, portes brisées, cartables d’enfants fouillés, copie des données informatiques...

Les victimes sont les sans papiers, les habitants de quartiers populaires, les militants associatifs, syndicaux, politiques, écologistes. Près de 400 personnes sont assignées à résidence, bloquées chez elles avec obligation d’aller pointer au commissariat trois fois par jour. Cette politique autoritaire et répressive a pour objet de nous détourner des véritables problèmes vécus au quotidien par la majeure partie des habitants de ce pays, et de nous empêcher de réagir à la désagrégation de nos droits sociaux et à la préparation de nouvelles lois anti sociales. Le gouvernement tente par tous les moyens de dissuader et criminaliser nos mobilisations, nous répondons par une plus grande solidarité et la convergence de nos luttes.

En projet : une modification de la Constitution pour instituer un état d’urgence permanent et la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France Avec cette double modification, c’est un pas de plus vers un État autoritaire. La déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, serait une double peine, instituée pour les Français convaincus de terrorisme. Une bien sinistre première après... Pétain en 1940 !Les parlementaires suivront-ils ce Président qui a osé se référer pendant la campagne présidentielle au socialisme, à l’égalité, à la justice sociale et se présenter comme « l’ennemi de la finance » ? Iront-ils jusqu’à remettre en cause les principes du droit du sol et de l’égalité des droits ? NOUS N’ACCEPTERONS JAMAIS CET ETAT D’URGENCE ET LA REPRESSION

Nous affirmons solennellement notre refus total de cet engrenage mortel qu’est l’état d’urgence et la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, ainsi que notre refus non moins total de toutes ces guerres qui ont plongé le Moyen Orient dans le chaos. Nous appelons à la résistance car nous n’accepterons jamais d’être bâillonné-e-s dans la liberté d’aller et venir, de nous exprimer, de manifester, de nous opposer à une politique liberticide et discriminante. OUI à l’égalité des droits, OUI à une société ouverte aux cultures portées par les populations migrantes, sources de diversités et de richesses multiples.

Signataires : CADTM Grenoble- Association iséroise des Amis des Kurdes, Centre d’Information Inter-Peuples, CNT/AIT,, Comité de soutien aux réfugiés algériens, confédération paysanne 38, DAL 38, Ensemble Isère !, Europe Ecologie Verts Isère, Femmes Egalité, Iran solidarités, La Patate Chaude, ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Nil Isère, Parti de Gauche, NPA, PAS 38, Ras L’Front Isère, RESF 38, Solidaires Isère, Solidaires Etudiant-e-s Grenoble, PCOF, PRCF"