Appel à la grève générale contre la loi travail

Mercredi 09 mars 12h00

Pour lutter contre la destruction du code du travail par le projet de loi dit El Khomri, de nombreux syndicats dont la CGT, Sud et la CNT appellent à une Journée d’action nationale et intersyndicale.

Un rassemblement s'organise à midi devant la Préfecture de l'Isère.

Pour en savoir plus sur le projet de loi dit El Khomri, nous vous recommandons cet entretien avec Gérard Filoche.

Voici également ci-dessous les analyses des syndicats CNT et Sud-Solidaires Isère :

La CNT Isère :

"Le gouvernement, toujours au service du patronat, va saccager le code du travail. C’est un vrai catalogue de propositions du MEDEF et de la CGPME.
Quelques éléments contenus dans le projet actuel :
· Les temps d’astreinte pourront être décomptés des temps de repos.
· En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale sera plafonnée à 15 mois de salaire.
· Le nombre de semaines consécutives où l’on peut travailler 44 ou 46h sera augmenté.
· Par accord, une entreprise pourra baisser les salaires et changer le temps de travail.
· Le forfait-jours (qui permet de ne pas décompter les heures de travail) sera étendu.
· Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine.
· Le plancher de 24h hebdo pour un contrat à temps partiel ne sera plus la règle dans la loi.
· Après un accord d’entreprise, les heures sup’ pourront être 5 fois moins majorées.
· Une mesure pourra être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats.
· Une entreprise pourra faire un « plan social » sans avoir de difficultés économiques.
· Par simple accord, on pourra passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.
· La durée du congé en cas de décès d’un proche ne sera plus garantie par la loi.
· Après un accord d’entreprise, un-e salarié-e refusant un changement dans son contrat de travail pourra être licencié-e.

Leur loi Travail, c’est l’exploitation des travailleurs !

Après la loi Macron et les exonération de cotisations sociales, le patronat s’est goinfré de bénéfices.
Après les « réformes » sur les retraites, on travaille plus et jusqu’à 67 ans.
Après les « modernisations » de la fonction publique, des emplois ont été détruits et des services ouverts aux usagers ont été fermés.
Au terme des « négociations en cours » à l’UNEDIC, les indemnités chômage seront réduites. _

Le code du travail, c’est le résultat des luttes ouvrières. Il donne des garanties a minima sur les conditions de travail, la protection de la santé et des droits sociaux. Il limite en partie la toute puissance patronale.

Mais ce code du travail a aussi permis la multiplication des conditions de travail précaires, un empilage de mesures dérogatoires, la multiplication des contrats à temps partiel, les contrats saisonniers, l’intérim, les contrats d’insertion sous-payés.

On ne négocie pas, on se bat !
Le rôle d’un syndicat de combat n’est pas d’écrire au gouvernement et au MEDEF, ou de signer des pétitions. Il faut construire un rapport de force, celui de la lutte des classes. Discuter, échanger, multiplier les réunions publiques, les assemblées générales, participer aux initiatives unitaires, développer les blocages, les occupations. Et dans notre lutte, la grève générale est notre arme. _

Et pendant qu’on y est, une réforme du code du travail contre le patronat !

On pourrait simplifier le code du travail, une réforme faite par les travailleurs contre le patronat

- Suppression des tous les contrats précaires (CUI,CDD, Interim), un seul régime de salariat, le CDI pour tous.
- Intégration dans le code du travail des clauses les plus protectrices des salariés issus des conventions collective
- Interdiction des licenciements etc...

Et pendant qu’on y est, la suppression du capitalisme et l’autogestion.
Parce qu’encore une fois,
C’est nous qui travaillons, C’est nous qui décidons ! "

Sud-Solidaires Isère :

"Communiqué Solidaires Isère du Vendredi 6 Mars 2016.

Le projet dit « loi travail » actuellement porté par la ministre El Khomri et dirigé en coulisse par Manuel Valls et Pierre Gattaz, vise à renvoyer les salarié.e.s –actuels et à venir, du public comme du privé- aux conditions de travail et de vie du 19ième siècle. Ce projet est purement inacceptable.

Les nombreux argumentaires et les multiples réactions à chaud ou plus analytiques démontrent point par point que le texte n’a qu’un objectif : détruire les protections fournies aux salarié.e.s par le code du travail, désarmer les syndicats, pour mieux gaver le patronat et les actionnaires.

Face à cette attaque, précédée de nombreuses autres (notamment les réformes Macron), accompagnées de nombreuses autres (notamment contre l’Unédic), la journée du 9 mars s’est imposée, par la base des organisations syndicales et par la colère de centaines de milliers de citoyen.ne.s, comme le point de départ d’une mobilisation sociale puissante pour le retrait du projet de loi, et plus généralement contre la loi du fric et des matraques imposée par l’axe PS-MEDEF dans notre pays.

A Grenoble, une intersyndicale, réunissant les organisations exigeant le retrait sans condition du texte, s’est réunie le 1er Mars à la bourse du travail. C’est la grève et la mobilisation dans la rue qui a été décidée : le rendez-vous est donné, et déjà largement connu ! Solidaires Isère appelle unitairement les précaires, les chômeurs et chômeuses, les salarié.e.s du public comme du privé, aux côtés des lycéen-ne-s et des étudiant-e-s, à faire grève et à se rendre place de Verdun, devant la préfecture, le 9 mars 2016, à 12 heures.

Notre organisation se déclare solidaire des mobilisations appelées dans les lycées et les universités, et soutient les décisions qui émergeront des collectifs de lutte et des assemblées générales : actuels salarié.e.s précaires, futurs salarié.e.s corvéables à merci si la réforme en préparation passe, leur Leur colère est légitime, face à un gouvernement illégitime, aux ordres des banquiers et des PDG ! Cette colère est la nôtre également.

Pour Solidaires Isère, le 9 Mars doit être un jalon, l’occasion de se compter une première fois, et de commencer la construction des convergences pour une grève générale dans tout le pays. Notre organisation travaille dès aujourd’hui à la suite de la mobilisation, que nous voulons massive et unitaire.

Dans le contexte d’un Etat d’urgence illégitime et d’une forte répression antisyndicale, nous affirmons à nouveau : le mouvement social est un rempart démocratique face au terrorisme patronal ! Alors que la classe politique liquide l’avenir des travailleurs de notre pays, le temps est venu de reconquérir nos libertés de critiquer, manifester, faire grève et agir pour vivre dignement."