Réunion d’habitant-e-s contre la fermeture de trois bibliothèques grenobloises

Samedi 15 octobre 10h00

Juste avant l'été, la mairie de Grenoble annonçait, sans concertation ni propositions alternatives, un plan d'austérité comprenant, parmi de nombreuses mesures, la fermeture de trois bibliothèques : Alliance, Hauquelin et Prémol. Des habitant-e-s du quartier Allié-Alpins-Beauvert s’organisent contre la fermeture de leur bibliothèque de quartier. Si vous êtes hostiles à la fermeture de bibliothèques (Prémol et hauquelin cet été, Alliance prévue pour avril), venez rejoindre cette lutte et préparer de futures mobilisations.

À 10h

Àla Maison des initiatives
1 avenue Leon Blum
Grenoble

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À PROPOS DU PLAN D'AUSTÉRITÉ

C'est le sujet chaud de la rentrée à Grenoble : le ''plan de sauvegarde des services publics locaux'' présenté début juin par la majorité municipale. Objectif officiel ? Économiser rapidement 14 millions d'euros pour redresser les comptes de la ville, éviter sa mise sous tutelle administrative. Pourquoi cette crise financière ? Éric Piolle dénonce les erreurs de gestion de leurs prédécesseurs et la baisse des dotations de l'État (voir notamment les analyses de l'ADES à ce sujet).

Le ''plan de sauvegarde'' comprend de nombreuses mesures qu'il est impossible de détailler ici. Les plus emblématiques sont probablement la fermeture des trois bibliothèques Prémol, Hauquelin et Alliance ; la suppression de 100 à 150 postes d'agents municipaux ; le non-renouvellement des employé-e-s contractuel-le-s d'ici 2018 ; la baisse de 10 % des dotations aux écoles primaires et maternelles ; le désengagement de la mairie de la Maison des Habitants Bajatière et du centre social des Eaux-Claires ; la réduction de certaines missions du service de Santé scolaire et de certains services rendus aux personnes âgées ; etc.

Ces mesures soulèvent de vives critiques. Voici les trois arguments que nous avons le plus entendus :

1/ Un argument démocratique : l'absence de concertation et de débat. Parmi les 120 engagements des candidat-e-s de la majorité municipale en 2014, les n°1 et n°8 visaient à "co-construire les projets et débattre du budget municipal avec les habitants". Présenté la veille des vacances d'été, le plan d'austérité est imposé, sans propositions alternatives, sans consultation élargie, sans possibilité pour les habitant-e-s de débattre et de participer à des décisions qui touchent pourtant leur quotidien.

Cet autoritarisme semble également agir en ''interne'', au sein des services municipaux. La CNT Isère et le NPA évoquent des pressions de certains élu-e-s sur des employé-e-s de la mairie pour qu'ils fassent silence sur les attaques subies. Au nom du ''devoir de réserve'', des chefs de service menaceraient des agents de sanctions s'ils expriment leur avis en public, par exemple à l'accueil des bibliothèques municipales.

2/ Un argument social : l'impact sur les classes populaires. Ce sont les Grenoblois-es qui ont le plus besoin de politiques de solidarité municipales qui vont être les premières victimes du plan d'austérité, en particulier dans les quartiers sud de la ville. En cette période de chômage élevé et de précarités, le maintien et le renforcement des services sociaux et de proximité devraient être une priorité.

3/ Un argument économique : de l'argent, il y en a. Les riches n'ont jamais été aussi riches en France, l'industrie du luxe est florissante, l'évasion fiscale dépasse les 80 milliards d'euros par an, des dizaines de milliards d'euros ont été offerts aux entreprises sans réelle contrepartie. Les mesures d'austérité sont avant tout des choix politiques de l'État, choix qu'il impose aux collectivités locales par des baisses de dotations. Dans ces conditions, faut-il appliquer localement des politiques nationales injustes ? La gestion d'une institution locale est-elle forcément condamnée à respecter les diktats d'un système néo-libéral ?