Rassemblement de soutien pour la famille Demirovski

Vendredi 13 janvier 08h00

Le Collectif du Réseau Éducation Sans Frontière Jean Jaurès lance un nouvel appel à rassemblement pour soutenir la famille Demirovski ce vendredi 13 janvier à 8h devant l'école Jean Jaurès, au 9 rue Jean Jaurès à Grenoble. Pour éviter l'expulsion de Berhan Demorivski, RESF Isère lance également une pétition et un appel à envoyer le texte ci-dessous par courriel ou par fax au Préfet de l'Isère : lionel.beffre@isere.gouv.fr ou fax au 04 76 60 33 00.

Voici le dernier communiqué de presse de RESF expliquant la situation :

"La santé de Berhan et de sa famille empire de jour en jour ! Toutes les décisions contraires à leur souhait d’une vie apaisée et autonome en France en sont la cause !

Nous le redisons : ils ont fui leur pays pour arrêter d’y subir de fortes discriminations. Faute de preuves à produire devant les tribunaux, toutes leurs demandes ont été rejetées !

Depuis le dernier rassemblement, nous avons réussi à obtenir un entretien à la préfecture. On nous dit avoir entendu nos arguments pour le soutien à Berhan : bonne intégration, possibilités d'être autonome financièrement très rapidement, parents éducateurs remarquables, etc . Mais on lui refuse encore la régularisation malgré une présence en France depuis plus de 5 ans et des enfants scolarisés depuis 3 ans conformément à la circulaire Valls.

Le Préfet ne veut pas revenir sur ses décisions au motif qu'elles ont été confirmées par des décisions de justice lorsqu'elles ont été contestées par l'avocat de Berhan. Pourtant, la délivrance d'obligations de quitter le territoire (OQTF) après qu'un demandeur d'asile ait été débouté n'était pas, jusqu'à maintenant, obligatoire. Il a également le pouvoir d'accorder des titres de séjour lorsque cela lui semble opportun. Mais pour la famille Demirovski, sans la connaitre, sans connaitre leur degré d'intégration et leur motivation, il a jugé inopportun de lui permettre de déposer une demande de régularisation.

Berhan et sa femme résistent à l’idée de faire vivre à leurs enfants cette vie passée de galère dans leur pays d’origine.

Comme la convention relative aux droits des enfants le stipule, nous réclamons la protection exceptionnelle de notre pays envers des personnes et des enfants qu'on aimerait ne plus voir souffrir ! Il y a des vides que nos enfants n’oublieront pas… Resf rappelle que l'esprit de la convention relative aux droits des enfants est celui-ci : L'humanité doit donner à l'enfant ce qu'elle a de meilleur. Et sûrement pas le séparer de son père !

Notre pays peut faire le choix de délivrer davantage de titres de séjour au nom du vivre ensemble. Nous revendiquons une vie sereine pour cette famille, qui passe par l’obtention d’un titre de séjour pour M. Demirovski et sa femme. Ce titre de séjour, le Préfet a le pouvoir de le délivrer.

Collectif RESF Jean Jaurès"

Voici les précédents communiqués de presse :

"Monsieur le préfet,

Behran Demirovski, papa de Souleyman et Muhammed, a été transféré au centre de rétention administratif de Lyon pour être expulsé vers le Macédoine. Behran ne veut pas repartir en Macédoine où sa vie est en jeu ! Il est victime d’un réseau de mafieux, puissant et violent, qui a réussi à corrompre la police macédonienne de sa région. Behran et sa femme ont vécu une vie de nomade pour éviter d’être tués et n’ont bénéficié d’aucune protection en Macédoine. Et pour cause... ils sont considérés comme faisant partie de la communauté Rom, discriminée dans tous les Balkans.

La plainte qu’il avait déposée est restée sans suite. Elle a même disparu des services de police macédoniens, comme par enchantement. Cette famille, installée en France depuis presque 6 ans, pensait trouver ici, enfin, un refuge. Ce jour, deux enfants risquent de perdre définitivement leur père suite à des décisions administratives prises sans discernement. Behran n’a commis aucun délit. Cette famille ne trouble pas l’ordre public.

Après l’expulsion de monsieur Kundela en octobre, nous refusons d’assister à l’expulsion de Behran.

Monsieur le préfet de l’Isère, veuillez, nous vous en prions, revenir sur votre décision.

On ne sépare pas, au nom du peuple français, un père de ses enfants.

Notre république a signé des conventions internationales, nous souhaitons qu’elles soient respectées.

Je vous demande, Monsieur Beffre, de bien vouloir stopper cet éloignement forcé.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, mes salutations respectueuses."

Voici également le texte d'appel à soutien lancé par RESF Isère :

"Berhan et Gjulejhan Demirovski, Macédoniens turcophones considérés par les autorités macédoniennes comme appartenant à la communauté Rom, sont arrivés en France en 2011 avec leur fils Sulejman, fuyant les discriminations dont ils étaient victimes dans leur pays.

Sulejman a été scolarisé dès leur arrivée. Il est maintenant en CE2 à l’école Jean Jaurès à Grenoble. Son frère Muhammed est né à La Tronche il y a 4 ans. Il est en moyenne section à l’école maternelle Vercors de Seyssinet-Pariset.

Tous deux ont été scolarisés uniquement en France et parlent le turc à la maison. S’ils étaient contraints de partir pour la Macédoine, dont ils ne connaissent pas la langue et où ils risquent d’être discriminés en raison de leur origine ethnique, ils subiraient de graves troubles psychologiques. Or, comme le dispose la convention du droit des enfants ratifiée par la France : un enfant doit être « effectivement protégé contre toutes formes (...) de sanction motivées par la situation juridique (…) de ses parents. »

M. Demirovski a des compétences avérées dans le bâtiment, secteur dans lequel la demande de travailleurs est forte en France. Plusieurs entreprises sont d’ailleurs prêtes à l’employer, promesse d’embauche à la clé. Il pourrait ainsi assurer l’indépendance matérielle de sa famille.

Mme Demirovski continue de perfectionner son français et, à défaut d’avoir l’autorisation de travailler, elle s’est engagée  bénévolement auprès du CCAS de Grenoble, puis de l’association L’Arche à Seyssinet-Pariset.

La famille Demirovski est une famille bien intégrée. Elle a fait tout son possible pour séjourner légalement en France, engageant depuis son arrivée différentes démarches qui n’ont malheureusement pas abouti.

A ce jour, le père est en instance d’expulsion.

Nous, signataires, soutenons la famille et demandons à M. le Préfet de bien vouloir délivrer à M. et Mme Demirovski un titre de séjour avec droit au travail."