Rassemblement en solidarité avec Théo et Aulnay-sous-Bois

Vendredi 10 février 18h00

Suite à l'agression et au viol de Théo à Aulnay-sous-Bois le jeudi 29 janvier dernier, un rassemblement de solidarité s'organise Place Notre-Dame.

Voici un texte d'appel à ce rassemblement :

"Jeudi dernier, à Aulnay-sous-Bois, Théo était violé avec une matraque par quatre policiers lors d'un contrôle d'identité. Les violences et les insultes racistes se poursuivront ensuite jusqu'au commissariat et le jeune homme, souffrant entre autre de graves lésions à l'anus, doit être hospitalisé.

Pour autant lors de l'instruction, la qualification de viol en réunion est bien vite écartée par le parquet de Bobigny qui préfère retenir le terme de « violences » pour 3 des 4 policiers, qui sont remis en liberté. Encore une fois justice et police marchent main dans la main.

Le cas de Théo n'est pas isolé, plusieurs dizaines de témoignages ces dernières années rapportent des humiliations à caractère sexuel de la part de la police à l'occasion de simples contrôles, sans que bien sûr aucune condamnation ne soit prononcée. Sans étonnement c'est dans les cités de banlieues que ces faits sont répertoriés, là où la police, qui ne prend plus la peine de cacher son racisme, se plaît à perpétuer un climat de peur en faisant régulièrement subir des humiliations à la population.

Depuis jeudi les habitant-e-s d'Aulnay-sous-Bois laissent éclater leur révolte et réclament la justice pour Théo, ils et elles sont violemment réprimé-e-s par la police qui déploie des centaines d'effectifs et un hélicoptère, alors que les transports en commun et le courant sont coupés dans la cité des 3000. Peu d’images : on apprend sans grande surprise que la police menace au LBD celles et ceux qui tentent de filmer l’horreur de la répression.

Dans la nuit du 6 au 7 février, la police tire à balles réelles sur les manifestant-e-s, des soi-disant « tirs de sommations », dix-sept tout de même revendiqués, alors qu'elle a à sa disposition des armes de maintien de l'ordre toujours plus développées. La nouveauté c’est que la troupe tire de nouveau sur la foule. On sait avec la généralisation du flash-ball que la police s’est habituée à prendre la population pour cible. Cet été les gendarmes ont sorti les fusils d’assaut HK G36 à Beaumont-sur-Oise pour maintenir l’ordre dans le quartier où ils avaient préalablement tué Adama Traoré. Cette fois ils s'en sont servi. Nous sommes entrés dans l’ère de la guerre civile véritable.

Nous ne pouvons rester immobiles face aux nouvelles exactions policières commises à Aulnay-sous-Bois. Nous ne nous laisserons pas abuser par l’émoi médiatique et politicien affiché à la suite de cette énième « bavure » policière. En revanche, ce que nous voyons très clairement, c’est la réponse sécuritaire de l’Etat : occupation militaire du quartier, armes de guerre déployées, balles réelles tirées sur les habitant·es. L’Etat gère les révoltes avec des armes de guerre. Il ne dépend que de nous de laisser faire ce nouveau glissement sécuritaire. Personne ne réagira à notre place; seule la rue peut enrayer cette sordide mécanique.

Faisons obstacle au déploiement de la logique policière et militaire… Ils réclament l’impunité et un armement sans limite, mettons-les hors de nuire !

Rassemblons-nous et manifestons dans toutes nos villes pour contester la toute-puissance policière, ne les laissons pas terroriser les quartiers populaires, ramenons-les en ville, dispersons leurs forces, que personne ne puisse plus ignorer le vrai visage de leur « paix sociale ».

A GRENOBLE, RASSEMBLONS-NOUS , VENDREDI 10 FEVRIER A 18h PLACE NOTRE-DAME ET ON CONTINUERA SANS NOUS LAISSER INTIMIDER."

À 18h

Place Notre-Dame
Grenoble