Rassemblement et conférence de presse sur la situation des habitant-e-s du Camp Valmy expulsé

Vendredi 02 juin 08h00

Ce vendredi 2 juin à 8h au Gymnase de la Houille Blanche à Grenoble (28 rue Anatole France), un rassemblement et une conférence de presse s'organisent sur la situation des habitant-e-s du Camp Valmy expulsé le 24 mai. Voilà 9 jours que les migrant-e-s expulsé-e-s de Valmy ont été placé-e-s dans 2 gymnases dans l’angoisse de l’avenir : il est prévu qu’ils quittent ces gymnases... mais pour aller où ? Dans des CADA (Centres d’accueil de demandeurs d’asile) ? Au mieux quelques-un-e-s... Dans des chambres d’hôtel ? Pour très peu de temps et avec de sérieuses contraintes (cuisine interdite, pas d’espace de jeu pour les enfants, suivi scolaire difficile). D’autres risquent soit d’être renvoyé-e-s (procédure Dublin oblige) dans le premier pays de l’UE où ils ont été enregistrés - soit d’être placés en centre de rétention voire expulsés dans leur pays d’origine soit jetés à la rue. Terrible angoisse... Et toujours sans proposition durable pour un hébergement pérenne. Venez échanger sur cette situation demain matin !

Rappelons que le Camp Valmy a été évacué et démantelé mercredi 24 mai par une centaine de CRS. Sous une chaleur étouffante et dans une grande désorganisation, les 102 adultes et 54 enfants recensés sur le camp  ont été relogé-e-s temporairement dans deux gymnases grenoblois réquisitionnés, Alphonse Daudet et La Houille Blanche. Les demandeurs et demandeuses d'asile, pour la plupart originaires d'Albanie, de Macédoine, de Serbie et du Kosovo, devraient être redirigé-e-s d'ici quelques jours vers des Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile, ou retourner à la rue sans solution de logement décent.

La Préfecture a justifié cette expulsion pour causes de "troubles à l'ordre public" : ces derniers jours, les habitant-e-s du Camp Valmy oavaient subi plusieurs agressions, des menaces et des insultes racistes de la part de motards armés de bâtons ou de barres de fers, puis un incendie de poubelles et d'une voiture à proximité des tentes. La situation était particulièrement stressante pour la centaine de réfugié-e-s et de migrant-e-s qui vivent dans une situation de grande précarité, en attente d'un relogement décent.

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Voici un historique des précédents mobilisations autour du Camp Valmy :

Le mercredi 10 mai devant la Préfecture de l'Isère, un rassemblement s'organisait en soutien aux habitant-e-s du campement Valmy, aux exilé-e-s du Village Olympique et à toutes les personnes dans la même situation de mal-logement en Isère. Le but était de rappeler au Préfet son obligation de prendre en charge les nombreuses familles campant depuis le 18 février à Valmy, de réquisitionner les logements vides pour toutes les personnes sans logement ou en situation de grande précarité de logement.

L'un des slogans était : UN TOIT C'EST UN DROIT ! APPLICATION DE LA LOI DE RÉQUISITION !

 

Rappelons que jeudi 27 avril, le Tribunal administratif de Grenoble rendait son verdict concernant la demande d'expulsion de la centaine de réfugié-e-s et de migrant-e-s vivant au camp dit "Valmy", à côté du parc Mistral, par la Mairie de Grenoble. Résultat ? Le Juge des Référés a rejeté la requête de la ville et l'a condamnée à payer les frais d'avocat des défendeurs...

L'un des principaux motifs est " Considérant toutefois que les occupants des lieux sont des personnes sans abri qui relèvent du dispositif de veille sociale prévu aux articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles ; qu'il n'est pas contesté par la commune de Grenoble qu'à ce titre, leur situation n'a fait l'objet d'aucune évaluation et qu'il ne leur a pas été proposé de solution alternative d'hébergement d'urgence ; que, dès lors, l'évacuation forcée du camp aurait pour conséquence de placer ces personnes, au nombre desquelles figurent de nombreux enfants, dans une situation de précarité encore plus grande, voire de mettre en jeu leur sécurité, en les dispersant dans les rues de la ville ; que, dans ces conditions, la mesure d'expulsion demandée par la commune de Grenoble ne peut être regardée comme présentant à ce jour les caractères d'urgence et d'utilité requises par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ; qu'en conséquence, la demande doit être rejetée ;" 

Quelques jours avant ce verdict, de nombreuses organisations avaient publié cette lettre ouverte à Éric Piolle :