Assemblée publique pour discuter du "Grand Débordement" du 5 mai

Lundi 30 avril 19h00

Une assemblée grenobloise s'organise ce soir à 19h sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, pour organiser le "Grand Débordement" du samedi 5 mai.

À 19h

Devant les Jardins d'Utopie
Face à la B.U. Droits Lettres
Campus de St-Martin-d'Hères

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De quoi s'agit-il ?

Mercredi 4 avril à la Bourse du Travail de Paris, plus de mille personnes se sont réunies pour réfléchir aux suites du mouvement social. Après un vibrant discours du sociologue Frédéric Lordon, l'assemblée a lancé un appel à une grande manifestation rassemblant partis, associations et syndicats pour s’unir contre les politiques du gouvernement : le "Grand Débordement" du samedi 5 mai.

L'assemblée parisienne appelle à créer des comités locaux pour organiser cet événement partout en France. L'adresse de contact est : comitefeteamacron (at) gmail.com

À Grenoble, un comité du 5 mai s'est créé, avec une page facebook.

Pour en savoir plus, nous vous recommandons ce reportage de Reporterre et le podcast du meeting.

Voici le texte de l'appel au Grand débordement :

"Ce mercredi 4 avril, la Bourse du Travail à Paris était pleine à craquer, plus de 600 citoyen-ne-s, syndicalistes, étudiantes, cheminots, etc. rassemblés. Et plus de 1200 autres personnes, à l’extérieur, qui n’ont pu rentrer.
À la quasi-unanimité, ces deux assemblées improvisées ont voté pour une manifestation nationale, à Paris, le samedi 5 mai.

Nous, signataires de cet appel, demandons :
1 – que tous les syndicats, associations, partis, mettent ce rassemblement du samedi 5 mai en débat en leur sein, tant au niveau local que national ;
2 – que se montent localement, dans les villes, dans les facs, des « comités 5 mai » ;
3 - que la jonction, la discussion soient recherchées à tout moment et en tout endroit : 14 avril, 1er mai, etc. Et notamment que le jeudi 19 avril, au soir, devant leur gare, les citoyens organisent des AG communes aux cheminots, étudiants, hôpitaux, etc.
4 - que chacune, chacun, témoigne en une vidéo d’une minute du pourquoi il viendra le samedi 5 mai et le partage sur les réseaux, que cette manif ait mille visages, mille raisons ;
5 - que les artistes, chanteurs, musiciens, peintres, acteurs, metteurs en scène, nous rejoignent et rendent cette manif encore plus vivante, inédite, surprenante.

Samedi 5 mai : faire sa fête à Macron !

Faut-il dresser la liste ?
Elle est longue.
Trop longue.
Ordonnances travail et « nouveau pacte ferroviaire », hausse de la CSG pour les retraités, pour les étudiants, la sélection à l’université, pour les futurs licenciés, ceux de Carrefour, Pimkie et tant d’autres, plafonnement des indemnités, « maltraitance institutionnelle » dans les Ehpad, sans que la ministre de la Santé trouve autre chose à y répliquer que : « La France n’a pas les moyens budgétaires. »
Cette même France du président Macron qui a supprimé l’Impôt sur la fortune pour les actionnaires et plafonné l’impôt sur le capital : les « moyens budgétaires », elle les a trouvés, en milliards et en urgence. Cette même France où les firmes du CAC40 accumulent près de cent milliards de profits, du jamais vu depuis 2007. Cette même France qui vient d’offrir aux multinationales opacité et impunité grâce au « secret des affaires ».

En résumé : tout pour ceux qui ont déjà tout ; rien pour ceux « qui ne sont rien ».
Mais tout ne se passe pas aussi tranquillement. Partout ça résiste : les cheminots évidemment, les facs également, Air France, les hôpitaux, les éboueurs, les caissières, les électriciens... Mais en ordre dispersé, sans leur trait d’union. Si ces ruisseaux de colère convergeaient, quel fleuve puissant ne formeraient-ils pas.

Il y a autre chose aussi, moins visible, plus souterrain, mais plus massif, plus explosif : quelque chose qui ressemble à un vaste désir d’autre chose. Quoi ? On ne sait pas, ou pas encore. Mais autre chose que cet économisme étroit, cette bureaucratie patronale qui contrôle, qui « manage », qui évalue sans relâche, qui maltraite aussi. Et ne connaît rien d’autre que ses ratios.

Le texte du projet de loi sur la SNCF contient 84 fois le mot « concurrence ». Mais 0 fois « climat », « réchauffement », « biodiversité ». Leur projet de société ? Un dogme sans autre finalité que produire et vendre. Sans bonheur commun, sans solidarité, sans avenir ensemble. Les sans-statut dressés contre ceux qui en ont un afin de protéger ceux qui ont tout.

Il est probable que Macron ne se rende pas compte que, sous son règne, tout devient très clair, trop clair. Le moment est peut-être venu de lui faire savoir, pour notre part, où nous en sommes. Dans les ordonnances SNCF, se trouvent repliés tous les éléments d’un monde dont nous ne voulons pas. Si ce qui est clair pour nous ne l’est pas pour lui, rassemblons-nous donc pour le lui expliquer un peu plus nettement. Premier anniversaire à l’Elysée ? Qu’il sente non pas la bougie mais le vent du boulet.

La conscience grandit que cette affaire des cheminots nous concerne tous. Et par conséquent que la dispersion des luttes nous fera tous perdre. Nous pensons qu’il n’y a pas d’autre moyen de le dire qu’une grande manifestation nationale à Paris.
Que ce samedi 5 mai signale aux puissances d’argent qu’elles n’ont pas gagné, et que le plus grand nombre ne veut pas de leur monde. Et que le 5 mai, ce grand nombre… se met en marche !

Pour participer à#LaFeteaMacron, écris nous à contact@lafeteamacron.org"

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Rappelons qu'à Grenoble, la manifestation du jeudi 22 mars était un succès. Elle a rassemblé environ 10 000 manifestant-e-s selon les syndicats, 5 500 selon la Préfecture. En France, 300 000 à 400 000 personnes ont manifesté. Le signe d'un printemps social mouvementé ? À suivre... Prochaine manifestation le jeudi 19 avril.

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Le 22 mars, une large intersyndicale appelait à une grande journée de grève, de manifestation et de convergence des luttes entre fonctionnaires, usagers et usagères des services publics, étudiant-e-s, précaires et mécontent-e-s des politiques menées par le gouvernement.

Voici l'appel à manifester lancé par le syndicat CNT Isère :

"Pour les services publics, contre la précarité, le management et la misère : organisons la riposte !

C’est à se demander ce qu’on attend ! La destruction décomplexée du droit du travail, l’assèchement délibéré des caisses de la sécurité sociale, la sélection des étudiant-e-s à la fac, la destruction de tous les services publics et la précarisation pour les fonctionnaires et les cheminots… le tout saupoudré des provocations d’usage : suppression de l’ISF, grappillage de 5€ sur les APL… Le catalogue des mesures ouvertement anti-sociales n’en finit pas de s’allonger. La riposte sociale, c’est pour quand ?

Les services publics sont à nous, nous les faisons vivre, il faut les défendre !

Nous, travailleurs et travailleuses des services publics, avons à cœur nos missions d’utilité sociale. Santé, éducation, mobilité, solidarité sociale … échappent encore largement aux lois de la concurrence, de la rentabilité, de la sélection par le fric. Nous sommes expert-e-s de notre travail et nous sommes les agents de la stabilité et de la continuité de l’œuvre sociale que sont les services publics, construits à force de sacrifices et de combats sociaux. Nous n’avons aucunement l’intention de laisser cet édifice commun aux mains des opportunismes politiques ou des appétits financiers. Nous sommes, dans notre travail quotidien et dans nos luttes collectives, les garant-e-s de l’intérêt général.

Fonctionnaires et usager-e-s : la solidarité est notre arme !

Les usager-e-s des services publics n’ont rien à gagner d’un passage d’une logique d’intérêt général à une logique du profit et de rentabilité. Nous sommes aujourd’hui face à un véritable projet politique de liquidation totale des services publics, avec remise en cause du statut général de la fonction publique et plan social massif à la clef. Appliquant fidèlement le programme du Medef, ce gouvernement poursuit son objectif : détruire l’ensemble des conquêtes sociales depuis plus de 50 ans, droit du travail, sécurité sociale, services publics, c’est-à-dire toutes les institutions qui apportent quelques limites à l’exploitation capitaliste et à la loi du marché ou faisant valoir la solidarité contre le seul profit. Il continue sa guerre sociale en attaquant toutes les catégories populaires et l’ensemble des travailleuses-eurs : jeunes, chômeuses-eurs, salarié-e-s, agent-e-s de la fonction publique, retraité-e-s.

Toutes et tous en grève le 22 mars !... et après ?

Seule une réponse d’ensemble et une véritable convergence des luttes pourra arrêter ce rouleau compresseur. C’est pourquoi il faut construire un rapport de force, celui de la lutte des classes en bloquant l’économie. Et pour cela, il faut d’abord réussir la mobilisation du 22 mars et préparer sa reconduction partout où c’est possible dans les jours et semaines qui suivront. C’est par la grève générale, l’occupation, la réappropriation de nos lieux de travail et de vie, dans la rue que nous gagnerons ! Discutons, échangeons, multiplions les réunions publiques, les assemblées générales, participons aux initiatives unitaires, développons les blocages, occupations.

Toutes et tous en grève le 22 mars ! Luttons ensemble !

RDV à 10h devant la Gare de Grenoble

Assemblée générale travailleuses et travailleurs de l’éducation 14 h 30 bourse du travail de Grenoble"