Appel de l'UNL à relancer la grève et le blocage des lycées

Mardi 08 janvier 06h00 : événement sur la journée

L'Union Nationale Lycéenne appelle les lycéen-ne-s en lutte contre les politiques jeunesses du gouvernement (Parcoursup, hausse des frais d'inscription, retour du service obligatoire, précarisation...) à reprendre la grève et le blocage des lycées à partir du 8 janvier.

Depuis le 30 novembre, des lycéen-ne-s manifestent et font grève un peu partout en France contre les politiques jeunesses du gouvernement. À Grenoble, plusieurs centaines de lycéen-ne-s ont manifesté les 3, 4 et 5 décembre. Les lycées Vaucanson et des Eaux Claires ont été bloqués.

ici Grenoble vous propose un petit topo de la situation.

1. Les revendications

L'une des principales revendications est l'annulation de la hausse des frais d'inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s (hors Union Europénne) qui vont passer de 170 € à 2770 € en licence, et de 380 € à 3770 € en master et doctorat.

De manière générale, les revendications concernent les politiques jeunesses du gouvernement : Parcoursup, la hausse généralisée des frais d'inscription, le retour du service obligatoire, les politiques logement, la précarisation, les classes surchargées, la réforme du BAC, les politiques économiques, la répression policière... (voir le texte ci-dessous)

2. Le niveau de mobilisations

Sur le campus, l'AG du 4 décembre a rassemblé plus de 150 étudiant-e-s. Le rassemblement devant la Présidence de l'UGA, le 6 décembre, a réuni une centaine d'étudiant-e-s. L'AG à Sciences-Po Grenoble lundi 10 décembre a réuni plus de 80 personnes. L'AG du 11 décembre a réuni plus de 300 personnes.

Les manifestations lycéennes ont rassemblé plusieurs centaines de lycéen-ne-s du 3 au 7 décembre, avec un maximum d'environ 400 manifestant-e-s à Grenoble le 7 décembre.

Les manifestations étudiantes ont été particulièrement intenses le 7 décembre en fin d'après-midi et en début de soirée dans le centre-ville de Grenoble.

Au total, plus d'une douzaine de lycées ont été bloqués ou perturbés dans l'agglomération, dont Aristide Bergès à Seyssinet-Pariset, Vaucanson, Mounier, André Argouges à Grenoble, Pablo Neruda à Saint-Martin-d’Hères.

3. La répression

Beaucoup de gaz lacrymogène dans le centre-ville de Grenoble ! Les CRS et la BAC ont violemment chargé les lycéen-ne-s à de nombreuses reprises, en particulier suite aux bris de vitrines, aux incendies de poubelles ou aux blocages de la circulation.

Cette répression n'a pas été sans conséquences. Le 4 décembre, une lycéenne de 16 ans du lycée Jean-Jaurès a été grièvement blessée au visage par un tir de flash-ball. La famille a porté plainte. Au moins dix lycéen-ne-s ou étudiant-e-s ont été interpellé-e-s pour "jets de projectile", plusieurs dizaines ont été blessé-e-s.

La répression des étudiant-e-s en lutte est intense un peu partout en France, avec des scènes particulièrement choquantes.

4. Les prochaines actions prévues

- Appel à de nouveaux blocages et manifestations lycéen-ne-s à partir du 8 janvier

5. Comment rejoindre ces luttes ?

Facebook est (malheureusement) le média principal de cette lutte. La page diffusant des informations précises et actualisées est celle de Grenoble en lutte, suivie par plus de 4400 personnes.

Plus d'infos ici

Voici un texte d'appel à descendre dans la rue de l'Union Nationale Lycéenne (UNL) :

"La politique ultra-libérale portée par le Président de la République E. Macron, au mépris des citoyen.ne.ns, n’a fait que les précariser davantage.

Casse des droits des travailleu·se·r·s, hausse de la CSG, mise en concurrence des ambulanciers. L’augmentation des taxes carburant est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le gouvernement entend faire payer plus à celles et ceux qui, faute d’accès aux transports en commun, sont contraint.e.s d’user de leur voiture pour se rendre au travail, à l’école, accomplir les tâches du quotidiens. Il aurait ainsi été plus pertinent, au nom de l’écologie, de développer les transports en commun, et de ne pas mener une réforme SNCF mettant à mal notre réseau ferroviaire.

Finalement, la colère générale qui émane est légitime à prendre la rue et à se faire entendre. Les lycéen.ne.s tiennent à rappeler que la jeunesse aussi est en colère, car depuis un an et demi elle est attaquée, bafouée, oubliée, humiliée, une simple variable d’ajustement pour le gouvernement. La sélection à l’université a laissé des milliers de lycéen·ne·s sans université au début de l’année scolaire. La réforme du baccalauréat et du lycée impose un lycée à la carte mais accroît les inégalités.

La réforme de la voie professionnelle offre de la main-d’oeuvre gratuite et docile au patronat. Depuis le début du quinquennat, nous avons réclamé un investissement dans l’éducation. En guise de réponse nous avons perdu 2650 postes d’enseignant•e•s dans le secondaire. Pourtant, le Gouvernement est en capacité de débloquer 3 milliards d'euros dans un Service National Universel (SNU) rejeté par l'ensemble des organisations de jeunesse françaises. Nous remettons sérieusement en question la cohérence du Gouvernement

Notre droit à l’accès à l’éducation est attaqué ; notre droit à l’avenir est remis en doute, notre liberté de choix est entravée. A travers ces réformes lycéennes, le gouvernement ne fait qu’accroître la reproduction des inégalités sociales, et appauvrir les lycéen.ne.s.

Puisque notre avenir se joue maintenant, que nous ne voulons plus le voir se détruire par des politiques hors sol, nous appelons à nous mobiliser. Nous ne voulons plus être les ignoré·e·s de ce quinquennat. Nous exigeons que le Gouvernement respecte et suive l’avis des jeunes dans leur réforme. Notre système éducatif est à améliorer, mais cela doit se faire au travers de politiques adaptées, qui doivent passer en amont par :

-L’abrogation de la loi ORE, de la sélection à l’entrée de l’université,

-La suppression de la réforme du baccalauréat et du lycée,

-La suppression de la réforme des lycées professionnelles

-L’annulation du projet du SNU,

-Un budget à hauteur des moyens afin de créer les infrastructures nécessaires à l'accueil de tou·te·s les lycéen·ne·s, mais aussi de postes d’enseignant·e·s, d’AED, de CPE ect"

Plus d'infos ici