Appel urgent du DAL à soutenir une famille nombreuse expulsée par ACTIS

Jeudi 19 septembre 18h00

L'association Droit Au Logement Isère lance un appel urgent pour un rassemblement devant la mairie de Grenoble ce jeudi 19 septembre à 18h, en soutien avec une famille expulsée.

Voici l'appel à manifester et les explications :

"ACTIS expulse une famille nombreuse dans le centre-ville de Grenoble, rendue « indésirable » par des propriétaires acharnés

Ils étaient seuls locataires HLM dans un immeuble de propriétaires géré par l’agence Audras-Delaunoy, situé dans le centre-ville de Grenoble. Ces derniers sont mobilisés depuis des années pour obtenir l’expulsion de cette famille modeste : c’est désormais chose faite après leur mise à la rue hier matin par la police, laissant cinq enfants et deux parents désemparés sur le carreau.

Actis a invoqué des « troubles de voisinage » répétés, pourtant le jugement du tribunal laisse entrevoir un acharnement des propriétaires : une pétition, des relevés quotidiens des « exactions » des enfants (jeux, bruits de course – il est noté par ailleurs que le plancher en bois est fin et l’isolation phonique quasi-nulle), une attaque en justice – déboutée, plusieurs plaintes – sans suite.

Les faits de nuisances relevés concernent essentiellement les enfants, dont beaucoup sont en bas âge… fallait-il les attacher ? Ou faut-il comprendre que la famille « passait mal » dans le quartier et dans l’immeuble, stigmatisée comme « la famille nombreuse au nom de famille à consonance étrangère et locataire HLM? » dans un immeuble de propriétaires « bien sous tout rapport » ?

Le maire de Grenoble, au courant de la situation, a laissé faire et leur a refusé par la suite une mise à l’abri temporaire en attendant qu’ils retrouvent un logement stable.

La municipalité a donc cédé aux propriétaires (rappelons que M. Delaunoy est aussi président de l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers 38, et avait exigé et obtenu l’annulation en justice de l’arrêté anti-expulsion), à la droite (MM. Carignon et Chamussy étaient montés au créneau cet été, surfant sur la polémique), et à la République en Marche (Mme Chalas a écrit à la préfecture pour hâter l’expulsion de la famille), sans même proposer de relogement préalable à l’expulsion forcée. Une fois de plus, les politiques règlent leurs comptes sur le dos des personnes modestes.

Quant à la voisine à l’origine de « l’affaire » en menaçant cet été d’une grève de la faim si la famille n’était pas jetée à la rue, elle doit être satisfaite et ainsi continuer la mise en location de son appartement chez AirBnB, Abritel et Booking.com, pour la bagatelle de 150e la nuit ! Gageons qu’avec l’expulsion des « indésirables », elle pourra même augmenter ses prix…

Cette expulsion est révélatrice d’une certaine conception de la « mixité sociale » et du « vivre-ensemble » prônée par la municipalité :
- Dans les quartiers populaires, on l’invoque pour chasser les classes populaires et faire de la place aux classes aisées.
- Dans les quartiers riches, on expulse les locataires modestes pour ne pas incommoder les propriétaires, qui continuent ainsi d’augmenter leurs profits tirés de la rente locative.

Le DAL organise une conférence de presse jeudi 19 septembre à 18h devant la mairie de Grenoble, et appelle à un rassemblement en soutien à la famille, pour obtenir leur relogement immédiat et l’arrêt de toute les expulsions."

À 18h

Devant la mairie de Grenoble

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