Sociologie : Comment devient-on "djihadiste" en France ?

01/10/2019

Cet été à Grenoble, les luttes de femmes musulmanes pour l'accès en Burkini dans les piscines municipales ont déchaîné les passions.

Sur les réseaux sociaux, dans certains médias, dans le discours de nombreux politiciens, on pouvait lire directement ou de manière sous-entendue une idée omniprésente depuis les attentats de 2015 : l'idée selon laquelle tout musulman, s'il se radicalise, serait un terroriste en puissance.

Comment tordre le coup à ce fantasme islamophobe ?

Depuis un an, plusieurs enquêtes sociologiques et anthropologiques ont étudié le profil des centaines de personnes ayant commis des attentats en France ou engagées dans des mouvements "djihadistes" internationaux.

Les résultats sont saisissants. On découvre que le passage à l'acte est avant tout le résultat d'un parcours fait de violences familiales, de souffrances personnelles, de ruptures sociales, de mécanismes de désocialisation, rarement de convictions religieuses ou géopolitiques.

Pour découvrir le contenu de ces enquêtes, nous vous recommandons une interview et une synthèse passionnantes du chercheur Ariel Planeix, sociologue et anthropologue à l'Université Paris I-Pantheon Sorbonne :

- Pour écouter l'interview diffusée sur France Culture : Y a-t-il un profil des djihadistes ?

- Pour lire la synthèse : La radicalisation comme phénomène complexe.

Ces enquêtes sociologiques sont d'autant plus interpellantes qu'elle apportent aussi, indirectement, quelques éléments de réflexion sur le militantisme, sur la manière dont certaines personnes en viennent à s'intéresser à l'écologie radicale, l'anarchisme, le féminisme ou l'anticapitalisme.