Zoom sur les coulisses d'ici Grenoble

02/01/2020

L'année 2020 commence... C'est l'occasion pour l'équipe d'ici Grenoble de faire un petit bilan de 2019.

Voici donc un "top 5" de nos enthousiasmes, mais aussi un "flop 5" de nos échecs et de nos questionnements.

Bienvenue dans les coulisses d'ici Grenoble !

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LE TOP 5

1. L'audience grimpe encore

Si nos compteurs sont fiables, l'audience d'ici Grenoble a encore fortement augmenté cette année. D'après nos deux outils statistiques (dont Google Analytics), entre 40 000 et 60 000 personnes différentes auraient consulté le site en 2019.

Voici l'évolution des visites journalières depuis 2015 :

Attention, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Ce qui est sûr, c'est que des milliers de Grenoblois-es consultent ici Grenoble, et que la tendance générale est à la hausse. Nous le constatons par la forte augmentation de mails que nous recevons, et par les nombreuses inscriptions à notre liste de diffusion. C'est très encourageant.

2. Une diversité sociale

Si chaque semaine des milliers de personnes consultent ici Grenoble, c'est la diversité des personnes qui nous contactent qui nous enthousiasme. Nous n'avons pas créé ici Grenoble pour faire de l'entre-soi. Notre but est de partager des informations libertaires, écologistes et féministes le plus possible au-delà des cercles "militants". Quand chaque semaine on reçoit des mails de lycéen-ne-s, de réfugié-e-s, de personnes en situation de handicap, d'habitant-e-s de la périphérie de Grenoble ou de retraité-e-s, on est tellement content-e-s d'échanger des infos !

3. Le succès des mini-guides

Une partie du "succès" d'ici Grenoble nous semble liée à la diffusion des mini-guides papier thématiques. En trois ans, nous en avons diffusé plus de 50 000 dans 70 lieux publics de l'agglomération. Rares sont les semaines sans que des MJC, des centres sociaux ou des bibliothèques nous en demandent ou en redemandent.

Le façonnage et la diffusion des mini-guides papier nous prennent beaucoup de temps, mais c'est un projet essentiel pour ici Grenoble : les mini-guides nous permettent de rentrer en contact avec des personnes très diverses, mais aussi de se libérer un peu de notre dépendance à internet et de son coût énergétique exhorbitant.

4. Les prophéties

L'un des phénomènes saisissants du fait de l'audience d'ici Grenoble, c'est que nous constatons une corrélation entre la fréquentation du site et le succès des événements publics. En général, nous sommes capables de prédire si une manifestation sera plutôt petite, moyenne ou grande.

Ce petit pouvoir nous permet de toucher du doigt la puissance phénoménale de Facebook ou de Google : leurs capacités prédictives dépassent probablement tout ce que nous pouvons imaginer. C'est effrayant.

5. Grenoble la bouillonnante

Le foisonnement et la créativité du militantisme grenoblois nous impressionnent toujours autant. Le DAL, les luttes féministes, la B.A.F., le 38, les nombreux ateliers et rencontres en tout genre... Chaque semaine, c'est passionnant de voir tant de luttes, de propositions, d'alternatives. C'est exaltant d'avoir le sentiment de contribuer, à notre niveau, à faire connaître ces infos.

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LE FLOP 5

1. Facebook, premier média alternatif

Même dans les milieux contestataires les plus "radicaux", Facebook triomphe. Le DAL, le 38, Extinction Rebellion, le campus en lutte, Solidaires... Tout le monde ou presque communique désormais en priorité par là.

Les révélations glaçantes ont beau s'empiler sur le flicage, le fichage, la censure et les manipulations politiques du plus grand réseau social privé du monde, rien n'y fait. À Grenoble comme ailleurs, Facebook étend son empire, ringardisant et étouffant les médias alternatifs comme nous. Et ça se comprend ! Facebook est efficace, rapide, gratuit, populaire. Une grosse carotte juteuse et sucrée, avec un énorme bâton bien caché derrière.

Cette réalité nous donne la rage. À nos yeux, utiliser Facebook pour militer, c'est comme vouloir éteindre un incendie avec des pompiers pyromanes. Mais Facebook triomphe, et c'est irrésistible. Ceci dit, si l'audience instantanée de Facebook est cent fois meilleure qu'ici Grenoble, nous ne sommes pas ridicules sur la durée. Nous pensons aussi que ce réseau social n'apporte pas la vue d'ensemble et l'exhaustivité que nous essayons de vous proposer. On se console comme on peut...

2. Écoper le titanic avec un gobelet

Le militantisme grenoblois nous impressionne. Mais l'intensité des crises nous sidère. Aussi fortes et créatives soient-elles, nos luttes locales semblent dérisoires face aux catastrophes climatiques, aux drames des réfugié-e-s, à la banalisation de l'extrême droite, au creusement des inégalités, au rouleur compresseur consumériste, au triomphe du high tech, à l'extinction des espèces, à l'indifférence politique de tant de Grenoblois-es.

L'époque est terrible. Trop d'hostilité envers les réfugié-e-s, pas assez de Patio Solidaire. Trop de Comboire, pas assez de zones de gratuité. Trop de personnes à la rue, pas assez de DAL. Trop de bagnoles, pas assez de p'tits vélos. Avec ici Grenoble, nous avons souvent l'impression d'écoper le titanic avec un gobelet. En carton.

3. Pas de baguette magique

Quand on a créé ici Grenoble, on avait un rêve. Que grâce à notre agenda, certains événements publics méconnus deviennent d'un coup très connus. Que des "petites" associations, qui n'avaient jusqu'ici que 30 personnes à leurs soirées, accueillent soudain 100 personnes, grâce à nous.

Pour l'instant, c'est raté. Pas totalement : on a souvent des retours et des mercis d'associations ou de lieux alternatifs qui, grâce aux infos d'ici Grenoble, attirent de nouvelles personnes. Parfois plein.

Mais globalement, les grandes tendances sociologiques grenobloises bougent peu. Les associations et les luttes mobilisent rarement plus d'1% des 500 000 habitant-e-s de l'agglo. Une soirée à la MNEI, c'est rarement plus de 50 personnes. Une soirée au 38, c'est rarement plus de 100 personnes. Une réunion de Survie ou de Sortir du Nucléaire, c'est rarement plus de 30 personnes. Et nous, on aimerait que ce soit 150, 300, 1 000. On aimerait voir bouger les lignes, que ça déborde de tous les côtés !

4. Retard sur le site V2

Nous espérions mettre en service la nouvelle version de notre site internet en 2019, avec de nombreuses améliorations ergonomiques et infographiques (Tremble, Facebook !). Malheureusement, ce chantier a pris beaucoup de retard. On croise les doigts pour 2020, et on envoie des encouragements à nos informaticiens.

5. Toujours pas de revue de presse

Nous n'avons pas réussi à poursuivre les revues de presse mensuelles. La personne qui coordonnait ce travail méticuleux est toujours indisponible. La revue de presse était pourtant l'une des locomotives d'ici Grenoble. À chaque publication, nous augmentions significativement l'audience du site et notre liste de diffusion. Dans le brouhaha et la confusion médiatiques, des milliers de Grenoblois-es semblent intéressé-e-s par des informations claires et concises sur la vie locale, sans cynisme, sans private-jokes et sans effets de manche.

La revue de presse reviendra-t-elle en 2020 ? On l'espère.

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Et voilà, c'était un petit bilan de 2019... Si vous êtes arrivé-e jusqu'ici, merci, c'est que vous êtes vraiment intrigué-e par notre fonctionnement interne. On espère que cela vous aura intéressé.

On espère surtout qu'à chaque fois que vous vous connecterez sur ici Grenoble, vous trouverez une info qui vous intéressera, dans l'agenda, dans les actualités, dans les infos pratiques.

Encore un grand merci pour tous les encouragements reçus et le succès de fréquentation du site. N'hésitez pas à nous proposer des modifications, des ajouts, des idées.

Belle année de luttes à toutes et à tous !

L'équipe d'ici Grenoble