Inauguration du Lîeu : Mise au point du 38

16/01/2020

L'association Parlons-en vient d'inaugurer le Lîeu des habitant.e.s de la rue et de la ville, au 17 rue Abbé Grégoire, dans le quartier Saint-Bruno, à quelques dizaines de mètre du 38, Centre social Tchoukar.

Le Lîeu est un local gratuit ouvert à toutes et à tous. Un espace d’information, d’entraide et de bricolage pour les personnes en galère. On peut y prendre un café, poser son sac, cuisiner, chercher ou proposer de l’aide administrative, proposer un débat, une projection, réparer des objets.

Des membres du 38, Centre Social Tchoukar étaient présent-e-s lors de l'inauguration et se sont exprimé-e-s. Le Dauphiné Libéré en a fait une polémique, mettant en scène une "opposition" entre le 38 et le Lîeu. Pour rétablir la vérité, le 38 vient de publier le communiqué suivant :

"Jeudi 16 janvier dernier avait lieu l'inauguration officielle du "Lieu", destiné à servir d'espace d'accueil de jour pour les personnes à la rue, et voisin de quelques dizaines de mètres du 38 rue d'Alembert. Le "Lieu" avait remporté en 2017 le vote du budget participatif proposé par la Ville de Grenoble et nous nous en réjouissions.

Depuis, nous avons été en contact car nos activités sont proches et nous ne voudrions pas créer une fausse concurrence entre espaces sociaux dans un quartier qui en a bien besoin. Nous nous sommes rendus à cette inauguration pour témoigner notre soutien et notre solidarité avec celles et ceux qui portent ce projet, avons décidé d'y prendre la parole en ce sens, en présence du maire et d'autres élus.

Nous avons aussi tenu à exprimer une position critique car nous trouvions scandaleux qu'Eric Piolle vienne se vanter de soutenir le "Lieu" quand cette même mairie met régulièrement des gens à la rue. Manifestement, le Dauphiné Libéré a compris que nous nous opposions à l'existence du "Lieu", à se demander si le journaliste était réellement présent sur place. Nous ressentions donc le besoin de rétablir la vérité et de revenir sur notre intervention.

Nous avons bien conscience que si de tels lieux existent, c'est en raison de la vivacité de la vie associative Grenobloise et de la force que les gens qui y sont investis y déploient. Nous savons aussi que depuis quelques années, de nombreuses initiatives sont mises en danger par la politique de la municipalité, entre fermetures de bibliothèques et coupe budgétaire à la MJC Parmentier, située elle aussi à St-Bruno.

Nous doutons en revanche de la sincérité d'un maire en campagne qui vient saluer cette vie foisonnante et apporter son soutien à ceux qui vivent à la rue pour pouvoir gratter quelques voix. Rappelons qu'il y a quelques semaines, des dizaines de personnes étaient expulsées à deux pas de là, sous le pont de la gare, par une opération conjointe entre mairie et préfecture ; et que le cynisme municipal a préféré déposer des palmiers à la place des tentes pour éviter que d'autres ne s'y installent.

Sans compter que le lundi 20 janvier, la municipalité ordonnait, avec l'EPFL, l'expulsion d'une maison occupée par des personnes à la rue en toute illégalité et qu'elle envoyait sa police municipale évacuer leurs soutiens qui chantaient dans le hall de la mairie.

En conséquence, nous ré-affirmons notre soutien au "Lieu", parce que si nous voulons que de tels endroits perdurent, nous ne pouvons compter que sur notre solidarité pleine et entière pour les imposer dans la ville. Nous ne croyons pas à la supposée bienveillance d'un candidat en campagne qui a toujours du mal à lier les mots aux gestes.

Les nôtres sauront toujours se lier pour maintenir une vie populaire dans le quartier St-Bruno et permettre des espaces de résistance et d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics.

Le 38"