Route 75 : Une nouvelle lutte démarre dans le Trièves

21/06/2020

Après six ans de luttes pour sauver le train des Alpes, une nouvelle lutte autour des transports démarre dans le Trièves.

Le 17 juin, une cinquantaine de Trièvois-es ont barré la RD1075, l'axe qui traverse tout le Trièves. Pendant près de deux heures, ils et elles ont pique-niqué au milieu de la route.

Le but ? Dénoncer les 57 millions d'euros débloqués par le Conseil départemental et l'État pour "fluidifier" la RD1075 (améliorer la sécurité, mais surtout augmenter la vitesse moyenne et le trafic), alors qu'il a été tellement difficile de trouver le budget pour sauver le train.

Quel est le sens exact de cette lutte ?

Voici le tract distribué ce jour-là :

"Le 17 juin (et les jours suivants !), nous sommes appelé-es à agir contre la réintoxication du monde.

Dans le Trièves, nous vous proposons une entracte buissonnière sur les grands chemins. Le confinement à peine levé, les voitures et les camions ont repris leur ballet absurde sur la RD1075. Puis, avec les premiers longs week-ends, le harcèlement des motos, toute la journée dans les oreilles, même depuis les alpages du Jocou. « Qu’il est beau, le Trièves vu à fond la caisse depuis la selle vibrante de mon bolide ! »

Pourtant, qu’est-ce qu’on était bien à profiter du calme et du ralentissement général pendant quelques semaines, comme une bien modeste compensation de la crise passée et à venir. Il y a quelques dizaines d’années, c’était le rythme habituel du trafic : quelques véhicules de-ci de-là ; désormais il faut s’habituer à ce qu’il y en ait toujours plus. On a  « fait la guerre » au virus, désormais l’urgence est à « relancer l’économie » et le tourisme, tant pis pour les 67 000 morts chaque année en France dus à la pollution de l’air (plus de deux fois ceux du covid) : vroum !

Les irresponsables politiques du Département et de l’État veulent dépenser 57 millions d’euros pour fluidifier le trafic (officiellement « sécuriser le parcours ») sur les 32 kilomètres de route. Alors que la crise économique sans précédent va justifier toutes sortes de coupes budgétaires, l’urgence est-elle vraiment là ?

Nous refusons que le Trièves soit considéré comme un parc d’attraction pour lobotomobilistes, et le parcours obligé de marchandises pour la plupart inutiles (qui du reste pourraient transiter par le rail voisin). Nous refusons l’accélération et la dégradation du monde, de notre monde et de notre petit pays, qui nous sont imposées par cet axe routier mortifère.

Nous voulons des trains, des chevreuils, le chant des oiseaux et du temps pour admirer les fleurs sur le bord de la route.

Mercredi 17 juin nous pique-niquerons ensemble sur la chaussée et ferons un peu de botanique de talus pour que le flux s’arrête un moment à nouveau, enfin.

Collectif des lichens (organismes sensibles aux polluants, qu’on utilise comme bioindicateurs)

Plus d'infos : leslichens (at) riseup.net