Action-logement : Récit de l'expulsion brutale rue Ronserail

14/09/2020

Vendredi 11 septembre, une action de soutien au relogement des personnes exilées était organisée à Grenoble, en particulier suite à l'incendie du Squat Solidaire. Une maison vide appartenant à la mairie de Grenoble, rue Ronserail, a été occupée puis brutalement expulsée par la police.

Voici le récit de cette action :

"Ce vendredi 11 septembre au matin, une action de soutien pour le droit au logement a eu lieu. Une maison, vide depuis des années et appartenant à la Mairie, a été occupée rue Ronserail. Une vingtaine de personnes étaient présentes sur place et organisaient un petit déj collectif pour soutenir les résident.es.

Mais la BAC est rapidement intervenue, renforcée par la police nationale, avec la police municipale en soutien. Ils ont commencé à pousser violemment toutes les personnes présentes sur le trottoir pour les forcer à entrer sur la propriété, avant de nasser tout le monde en fermant les grilles de l’entrée. Les personnes restées à l’extérieur ont vite été éloignées du site, avec force, injures et coup de gazeuse.

Pendant ce temps là, et malgré les rappels à la loi de la part des gens présents interdisant d’expulser les habitant.es, ils n’ont pas hésité à défoncer la porte à coup de bélier. Entre insultes et humiliations, toutes les personnes ont été fouillées, contrôlées et interrogées.

Bilan, 7 personnes ont été arrêtées : les 3 résident.es de la maison (en garde à vue), et 4 personnes venues en soutien (envoyées en vérif d’identité). Soit dit au passage, les bureaux de la BAC reflètent bien leur état d’esprit viriliste avec des murs décorés de battes de baseball et de calendriers de meufs dénudées.

La situation est d’autant plus choquante que la Mairie, alors même que les habitant.es étaient en contact avec elle, a décidé de porter plainte, en dehors de tout cadre légal, permettant ainsi des expulsions illégales tout en tenant l’hypocrite et politicien discours de solidarité envers les populations précaires et sans logement.

Et ce, alors même que l’incendie du squat de La Bruyère a laissé une dizaine de personnes à la rue et que la ville, qui les logeait de manière temporaire et précaire dans un gymnase, n’a pas annoncé de solutions concrètes pour reloger toutes les personnes qui en ont besoin dans des hébergements d’urgence.

Puisque les autorités se complaisent dans l’inaction, agissons pour occuper des locaux vides et montrons notre détermination ! Revendiquons le droit à avoir un logement pour tous.tes !!"

Ce récit a été initialement publié sur le média CRIC.

Suite à cette expulsion, des militant-e-s ont interpellé le maire de Grenoble lors de la "Faites de l'écologie" : pour découvrir une vidéo de cette action, c'est ici.