Occupation de l'Abbaye : Les 5 argumentocs des élu-e-s

15/02/2021

Malgré le soutien de 40 organisations et une pétition de plus de 2 500 signatures (dont Josiane Balasko et Pierre Richard), les fluides ne sont toujours pas rétablis dans l'immeuble occupé du 7 place Laurent Bonnevay.

Pour comprendre ce qui bloque, l'association Droit Au Logement Isère vient de publier un argumentaire décryptant point par point les 5 mensonges dits par des élu-e-s dans la presse, qui justifieraient le maintien des coupures.

Pour celles et ceux qui découvrent cette lutte, rappelons que depuis le 9 décembre, l'association Droit Au Logement Isère et 52 personnes sans logis, menacées d'expulsion ou très mal logées (dont des femmes seules et des enfants) ont "réquisitionné" un immeuble vide des cités de l'Abbaye, au 7 place Laurent Bonnevay.

Pour les obliger à quitter les lieux, les autorités ont coupé l'eau, l'électricité et le chauffage.

* * *

Voici un résumé de l'argumentaire du DAL Isère :

- N°1 :"Les coupures n'ont rien à voir avec l'occupation" (M.BERON-PEREZ)

Pourtant E.MARTIN a déclaré à la presse qu'ils avaient fait le choix de décaler les coupures... puis d'arrêter de décaler (=de couper!)

- N°2 "On a différé les coupures pour considérer la situation des personnes" (Mme MARTIN)

Pourtant la 1ère coupure a eu lieu AVANT la remise en mains propres de la liste des occupantEs au CCAS (vend. 18/18).

- N°3 "Pour des raisons techniques et administratives, il est impossible de rétablir les fluides" (M.BERON-PEREZ)

Pourtant, un contrat de fourniture a été signé en bonne et dûe forme, suivi d'une visite à l'intérieur du bâtiment par un technicien de GEG qui n'a rien relevé d'anormal. L'eau, le chauffage et l'électricité fonctionnaient parfaitement bien à notre entrée dans les lieux, et continuent de fonctionner dans les même bâtiments de la place d'à côté. C'est bien une décision d'Actis qui a empêche le rétablissement.

- N°4: "Les travailleurs sociaux ne peuvent pas accéder aux situations des occupants".

Depuis le 18/12 les occupantEs sont d'accord pour rencontrer des travailleurs sociaux, ils l'ont répété dans la lettre ouverte au maire le 27/12: "D'accord pour que le CCAS vienne faire des permanences à la MDH Abbaye Jouhaux"

- N°5 "80% à 85% des gens ont en fait un toit et sont en demande de mutation" Elisa Martin

Depuis le 18/12, le CCAS a en possession la liste d'occupant,leur typologie et leur sitation au regard du logement. Nous l'avons remise au propre : Il n'y a que 5 familles / 34 qui sont mal logéEs et en demande de mutation, et 37 personnes dont 12 enfants qui sont strictement sans logement. E.MARTIN ment pour faire croire que le refus de rétablir les fluides est sans conséquence !

* * *

Et voici la version détaillée :

 

* * *

Pour soutenir cette occupation, il est possible d'apporter des dons de matériel, de nourriture tous les lundis de 14h à 16h et tous les mardis de 15h à 17h.

Il est également possible d'apporter des dons par chèque à l'ordre du DAL 38 – chez Association le Fournil 2, rue George Sand, 38100 Grenoble.

* * *

Voici le précédent communiqué du DAL Isère expliquant la situation, le 31 janvier dernier :

"La négociation sur des relogements durables des occupantEs du 7 place Laurent Bonnevay se solde par un nouvel échec….. En refusant le rétablissement des fluides, la responsabilité en incombe entièrement à Mr Beron-Perez,  vice-président de la Métro….

A la demande des occupantEs et du DAL 38 une seconde réunion de négociation a eu lieu ce dimanche 31 janvier 2021. Une délégation a rencontré Mr Nicolas Beron-Perez (élu au logement à la ville de Grenoble et vice-président à la Métropole chargé de l'habitat, du logement et de l'hébergement), Mr Maxime Gonzales (conseiller technique du président de la métro) et Antonin Grandfond (attaché du groupe communes, coopération, citoyenneté de la Métro).

Alors que le froid glacial sévit, que la pandémie perdure et que nous sommes à la veille d’un troisième confinement, le vice-président de la métropole n’a proposé aucune mesure concrète de manière à soulager A COURT TERME la souffrance des familles…RIEN SUR LE RÉTABLISSEMENT DES FLUIDES, RIEN SUR DES RELOGEMENTS PÉRENNES, RIEN SUR L’APPLICATION DE LA LOI DE RÉQUISITION DES LOGEMENTS VIDES…

Après une heure et demi de discussion, seule la délégation des occupantEs et du DAL 38 a concrètement présentée un plan de sortie de crise :

• Le rétablissement du chauffage, de l’eau et de l’électricité en urgence.
• L’organisation rapide de permanences par des travailleurs.euses sociaux à la MDH de l’Abbaye afin que chaque occupantE puisse présenter sa problématique.
• Des propositions de relogement durables pour toutes les personnes du 7 place Laurent Bonnevay.

Côté métro, la "solution" annoncée début janvier et claironnée sur tous les toits de transformer via la préfecture le 7 place Laurent Bonnevay en centre d'hébergement d'urgence est au point mort. Sans aucune garantie que le projet se réalise ou non, ce sont bien les occupantEs qui se gèlent en attendant...

Depuis 1 mois et demi, les occupantEs ont présenté à plusieurs reprises leurs revendications en matière de logement et continueront à le faire. On ne peut pas affirmer que le dialogue est essentiel, sans que les paroles des sans-logis et mal-logéEs soient entendues et prises en compte.

A bon entendeur….."