Contrats aidés : Appel à mobilisation inter-associative

20/09/2017

Le gouvernement a décidé de réduire sévèrement le nombre de contrats aidés, en particulier ceux destinés aux collectivités locales et aux associations. Selon la mairie de Grenoble, 160 emplois sont concernés rien qu'à Grenoble, principalement dans le secteur sanitaire, social et culturel.

Un collectif d'associations s'organise à Grenoble afin de réclamer solidairement le dégel des emplois aidés. Voici leur premier appel à mobilisation :

 

"APPEL À MOBILISATION POUR LA DÉFENSE DES EMPLOIS DANS LE SECTEUR ASSOCIATIF

Nous, associations de Grenoble et de son agglomération, investies dans de nombreux domaines (éducation, culture, social, sport, loisirs, aide à la personne, cohésion sociale, vie de quartier, etc.) déplorons la décision brutale et sans concertation annoncée à la fin de l’été de supprimer la quasi-totalité des contrats aidés (CAE) alloués jusqu’à présent et ce, sans qu’aucune solution alternative n’ait été étudiée.

Nous rappelons que le secteur associatif emploie aujourd’hui 1,8 millions de salariés (les emplois aidés, directement menacés aujourd’hui, représentent actuellement près de 20% de cet effectif) tous domaines confondus et joue un rôle fondamental, aussi bien dans l’accès et le maintien à l’emploi d’une diversité de publics que dans les services rendus à la population, à travers l’ensemble des activités exercées : distribution alimentaire, aide aux devoirs, accès au droit, soutien aux personnes fragilisées, animation sociale et culturelle, etc.

Si nous ne pouvons qu’être d’accord avec le gouvernement qui assure que les emplois aidés sont des emplois précaires, ce dispositif compensait jusqu’à présent un sous-financement chronique du secteur non marchand. Le supprimer du jour au lendemain, sans mesure compensatrice,  conduit à un plan de licenciement massif pour des milliers de personnes fragilisées et annonce la disparition programmée de nos structures.

Le secteur associatif n’a jamais fait le choix de la précarité et souhaiterait aujourd’hui pérenniser ses activités. Les financements publics doivent être à la hauteur des missions qui reposent aujourd’hui sur nos associations. Nous refusons d’autre part la mise en concurrence orchestrée à travers le maintien d’un très faible contingent d’emploi.

Aussi, nous demandons :
- le dégel immédiat des emplois aidés afin d’assurer la reprise de nos activités et le maintien à l’emploi des personnes
-  la mise en place d’une concertation avec les acteurs associatifs concernant l’avenir du dispositif des contrats aidés et les modes de financement de notre secteur dans une perspective responsable et durable

Premiers signataires :

A bord perdu
Afric’Impact-BatukaVI
Café des enfants la soupape
Cedema
Compagnie du savon noir
CIP38
Entropie
La Cordée
La Pirogue
Le Barathym
Le Crieur
Le Fournil
MJC Prémol
Mme Ruetabaga
Parlons-en
RSA38"

Pour rejoindre ce mouvement, vous pouvez écrire à redaction (at) lecrieur.net

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Pourquoi supprimer ces contrats aidés ? Selon le premier ministre, les trois quarts des contrats aidés ne débouchaient sur aucun emploi. Vraiment ? Le Webmédia Là-bas si j'y suis vient de publier une petit vidéo contre-argumentaire pour prouver l'inverse. Un véritable petit kit d'autodéfense intellectuelle pour comprendre les enjeux actuels autour des contrats aidés.

Pour découvrir cette vidéo, c'est ici.

Nous vous recommandons également cette récente enquête de Basta : 110 000 emplois d’intérêt public supprimés, les coûteuses exonérations aux grandes entreprises maintenues.