Indymedia Grenoble censuré par la police

24/09/2017

Le premier coup de tonnerre avant la tempête policière ? Suite à la publication du communiqué revendiquant l’incendie d’un entrepôt de la gendarmerie à Grenoble dans la nuit du 20 au 21 septembre, le site d'informations Indymedia Grenoble a été menacé par la police. L'équipe qui administre ce site a été contactée par l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC). Les policiers ont exigé la dépublication sous 24 heures du communiqué, sous peine de blocage et de déréférencement d'Indymedia Grenoble.

L'équipe d'Indymedia Grenoble a décidé de supprimer le communiqué incriminé, en expliquant son choix et en appelant tous les médias libres à faire front commun pour dénoncer la censure policière. Indymedia Nantes a également été menacé pour avoir diffusé le même communiqué.

Notons que ce fameux communiqué a été repris par de nombreux médias comme Le Dauphiné Libéré ou BFM-TV, sans que ceux-ci soient apparemment inquiétés. C'est également le cas pour Ici Grenoble.

Pour justifier la censure d'Indymedia, la police s’appuie sur la loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à toute "provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes". Sans que les notions de terrorisme et de provocation soient clairement définies, la loi permet depuis février 2015 de faire disparaître des sites ou des textes sans recours au juge, sur simple requête de l’administration policière.

La censure d'Indymedia Grenoble et d'Indymedia Nantes intervient à quelques jours du vote de la nouvelle Loi de Sécurité Intérieure, destinée à prolonger de nombreux dispositifs de l'état d'urgence. Elle annonce des temps difficiles pour les médias indépendants, et une nouvelle vague de répression dans les milieux dits "libertaires". La police va rechercher très activement les responsables de l'incendie de la gendarmerie à Grenoble...