Train Grenoble-Gap : 6 mois décisifs

05/01/2018

Le premier semestre 2018 est déterminant pour la ligne de train Grenoble-Gap, qui chaque jour transporte un millier de personnes : si l'État, la Région et la SNCF ne débloquent pas 40 à 50 millions d'euros pour l'entretien des voies, la fermeture de la ligne est inexorable.

Déterminé à sauver le train des Alpes et à lutter contre le tout-voiture, le Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes lance une grande campagne de mobilisations débutant par une Assemblée exceptionnelle le 13 janvier à Monestier-de-Clermont.

Vous habitez Grenoble et vous aimez le train Grenoble-Gap ? Vous souhaitez participer à cette lutte ? Le collectif Triévois cherche des Grenoblois-es pour les aider à organiser un événement médiatique à la gare de Grenoble le 26 janvier 2018. Pour contacter le collectif du Trièves, il suffit d'envoyer un mail à : train-des-alpes (at) poivron.org

N'hésitez pas à faire suivre cette info aux personnes de votre entourage qui prennent ce train !

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Communiqué du Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes

10 janvier 2018

C’est en 2018 que les financements de la ligne Grenoble-Gap doivent commencer à être débloqués pour réparer l’urgent avant qu’il ne soit trop tard. Et c’est à nous, voyageurs, voyageuses, cheminotes, cheminots, élus de tous mandats et de toutes collectivités, associations, amis des trains et simples habitants des villes et des vallées alpines qui en avons marre de respirer de la particule fine à pleins poumons, de faire en sorte de les obtenir ! Alors, on la ferme ?

« Si je disposais de 6 heures pour abattre un arbre, je consacrerais les 4 premières à aiguiser ma hache » disait paraît-il Lincoln. Nous aiguiser, c’est à dire nous organiser, voilà le programme de cette matinée, pour jeter les grandes lignes de la mobilisation à construire en 2018. Dans un premier temps, nous ferons un point d’information sur l’état de la ligne et l’évolution de la desserte. Nous invitons les cheminots à y participer nombreux pour communiquer les informations et décryptages en leur possession. Puis nous adopterons solennellement une déclaration de l’assemblée générale pour que vive la ligne. Enfin, chaque groupe, chaque gare, chaque personne ayant commencé à organiser des actions pour le 26 janvier ou pour la suite sera invité à la présenter pour un temps d’échange et d’émulation collective. Nous terminerons autour d’un repas partagé en petits groupes pour préparer concrètement les actions à venir dans la joie et la bonne humeur.

Programme :

9h00 – accueil

9h30 – point sur l’état de la ligne et l’évolution de la desserte. Perspectives.

10h30 – vote d’une motion pour que vive la ligne Grenoble-Gap

11h00 – présentation et échanges sur les idées d’actions

12h30 – repas tiré des sacs et groupes d’organisation des actions

Le car, non merci

L’enjeu est clair : si le train devait s’arrêter, il serait bien sûr « remplacé » par des cars où il est impossible de monter avec son vélo ou quand on est en fauteuil roulant, de lire et travailler dans de bonnes conditions, de manger, ou encore d’attendre dans la gare avec si besoin, des informations communiquées par des vraies personnes. En outre, le car ne pourra absorber les pointes de circulations (nombreuses sur notre ligne chaque week-end ou les vacances) où 2 voire 3 trains couplés sont nécessaires. Plusieurs études récentes l’ont confirmé : quand un train est remplacé par un car, au moins le tiers des voyageurs se reportent sur leur voiture individuelle. Pour notre ligne (1000 voyageurs par jour), ça serait donc au bas mot 300 voitures quotidiennes de plus sur les routes.

La mobilisation va bon train

Mais la bonne nouvelle, c’est que nous avons toutes les chances d’obtenir gain de cause :

- les 1000 voyageurs quotidiens continuent de prendre le train malgré la dégradation du service, ce qui permet d’imaginer la hausse de fréquentation possible s’il s’améliorait ;

- la mobilisation citoyenne persiste et s’amplifie (pas moins de 5 mobilisations en un an, toutes couronnées de succès) ;

- les élus et les collectivités locales montent au créneau de plus en plus nombreuses (pas moins d’une trentaine de motions et délibérations de soutien recensées à ce jour, des petites communes traversées au Parc naturel régional du Vercors en passant par la grande majorité des communautés de communes et d’agglo concernées, plus la mobilisation des parlementaires des territoires, de droite à gauche en passant par ceux de la majorité) ;

- Et surtout, nous avons raison ! Le sauvetage d’une voie ferrée de qualité dans un territoire de montagne où les routes ne sont pas fiables l’hiver est une évidence. Nous espérons que les conférences climat et autres « summit planet » qui se succèdent ces temps-ci ne sont pas que des sinistres comédies. Et à toutes les autorités qui nous opposent le coût de l’infrastructure, nous répondons qu’à l’âge de la particule fine, il s’agit en réalité d’un choix politique.

Au nouveau gymnase, rue du Serpaton. Accès et retour possibles en train (depuis Grenoble et Gap).

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Communiqué précédent du Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes

Démantèlement progressif de l’étoile ferroviaire de Veynes : la mobilisation va s’intensifier

Communiqué du 7 décembre 2017

Ironie du calendrier : ce 10 décembre, un an jour pour jour après le succès du Très grand traintamarre organisé par le collectif, les nouvelles grilles horaires entrent en vigueur avec pas moins de sept suppressions de trains. Nous ne sommes dupes ni de cette stratégie de démantèlement progressif, ni des discours enchanteurs qui l’accompagnent. En 2018, la mobilisation va s’intensifier.

De beaux flocons ont commencé à tomber sur le col de Lus et déjà, les cars et autres véhicules routiers ont commencé à ralentir leur allure sur les routes hivernales glissantes. Il y a tout juste un an, le 10 décembre, le collectif de l’étoile ferroviaire de Veynes organisait un Très Grand Traintamarre. Des centaines de personnes se réunissaient joyeusement dans 13 gares de l’étoile « contre les fermetures des gares, contre les cars de substitution, contre toutes les réductions de service ».

Noël empoisonné

Comme une claque mordante, pile un an plus tard ce 10 décembre, les nouvelles grilles horaires entrent en vigueur. Les pères Noël Muselier et Wauquiez nous y apportent des cadeaux au goût bien amer : 5 suppressions de trains au profit de cars entre Gap et Briançon, et 2 suppressions au profit de cars entre Clelles et Gap. Sur cette ligne (Grenoble-Gap), le temps de parcours augmente de 8 minutes pour cause de voie en état de dégradation avancée. D’autres ralentissements sont d’ores et déjà annoncés par les services de SNCF Réseau pour 2018 et 2019. Et malgré la somme de 2 millions d’euros budgétée par la Métro de Grenoble, pas la moindre opération de travaux prévue à l’horizon. Comme si ça ne suffisait pas à décourager les 1000 voyageuses et voyageurs qui persistent depuis plusieurs années à prendre ce train chaque jour, l’entreprise ferroviaire nous fait elle aussi son présent. Elle s’obstinne dans son projet de fermeture du croisement en gare de Lus-la-Croix-Haute, qui promet la multiplication des retards.

Discours enchanteurs

En parallèle bien sûr, le discours est enchanteur. Côté PACA, le président Muselier, en supprimant 5 trains de la main gauche, trouve de la main droite le culot d’écrire au collectif pour lui faire connaître sa « vive implication dans la défense des droits des usagers des transports ferroviaires ». Côté AURA, le président Wauquiez bombe le torse en se posant comme champion de la lutte contre les retards ferroviaires dans la nouvelle convention pour le service TER. Mais on ne l’entend pas critiquer ni même commenter la fermeture du croisement à Lus, qui va multiplier ces retards. SNCF Réseau, questionnée sur la fermeture de Lus, assure quant à elle qu’elle s’efforce de « définir les meilleures conditions d'exploitation du réseau ». Enfin, champion toutes catégories, l’État, en la personne du président de la République lui-même, annonce qu’il va privilégier les « trains du quotidien » mais bloque dans le même temps certains crédits des contrats de plan État-régions (CPER) destinés au financement des « petites lignes ».

Plan social au goutte à goutte

A la suite de l’atelier relais des Assises de la mobilité qu’il a organisé à Veynes le 25 novembre dernier, mobilisant citoyens, voyageurs, cheminots et élus de tous mandats et de tous bords politiques confondus, le collectif ne se satisfait pas de ces contes de fées. Alors que les conditions de circulation se dégradent un peu plus chaque jour, nous demandons à chacune des autorités de se positionner clairement :

Mobilisation amplifiée

De notre côté, nous amplifierons progressivement la mobilisation dans les mois qui viennent tant que les réponses positives à ces questions n’auront pas été apportées par chacun des acteurs et nous appelons tous les amis des trains à nous rejoindre avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons bien compris la stratégie de démantèlement progressif opérée jusqu’à présent, et nous ne l’acceptons pas. C’est pourquoi dès aujourd’hui nous annonçons :

Nous sommes convaincus qu’aucune collectivité n’assumera de jeter plusieurs milliers de véhicules par jour sur les routes de nos montagnes et dans nos villes déjà polluées en refusant de financer les travaux ferroviaires nécessaires. Elles se retranchent derrière le coût de l’infrastructure, mais nous sommes là pour leur rappeler qu’à l’âge de la particule fine, il s’agit en réalité d’un choix politique.

Collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes
etoiledeveynes (at) laposte.net