Les Infos locales de décembre

01/01/2018

Que s'est-il passé à Grenoble et dans ses environs en novembre et début décembre ?

Ici Grenoble vous propose ''Les Infos locales de décembre'', une sélection d'événements marquants glanés dans la presse locale.

Vous pouvez les télécharger en pdf ou les lire ci-dessous.

Au menu : Le Patio solidaire, l'opération Sakado, l'incendie de la Casemate, le robot Nao, les puces dans les poubelles, l'usine Cuki, l'affaire Sinisi, des nouvelles des Solénoïdes, l'enquête biaisée de l'A480, etc.

Bonne lecture !

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LES INFOS LOCALES DE DÉCEMBRE

(Les sources sont entre parenthèses)

[Les commentaires sont encadrés]

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Le Patio solidaire

Dormir dans un parc, par une nuit glaciale... Plus de 3 500 personnes sont sans domicile en Isère, dont probablement la moitié dorment dehors : c'est le cri d'alarme de nombreuses associations dont la Cimade et Un toit pour tous. Elles dénoncent le plan d’hébergement hivernal de la préfecture, qui ne prévoit que 1 500 places d'hébergement d'urgence et l'ouverture de gymnases en cas de fortes gelées.

Face à ce scandale, des habitant-e-s et des associations s'organisent : près de 500 places temporaires d’hébergement à domicile sont proposées en Isère, quel que soit le statut administratif des personnes accueillies. Pour éviter les poursuites pour délit de solidarité, l'accueil se fait le plus souvent par le bouche-à-oreille des réseaux associatifs.

Cet élan d'entraide touche désormais le campus : révolté-e-s de voir des réfugié-e-s dormir au parc Mistral, le collectif Tambrouille, des étudiant-e-s et l'association Droit Au Logement ont décidé d'occuper un amphithéâtre de l'Université lundi 4 décembre. Après négociations avec la présidence de l'Université, une soixantaine de réfugié-e-s ont obtenu l'autorisation d'utiliser 120 m2 de locaux chauffés, rebaptisés le Patio solidaire.

Combien de temps cette occupation va-t-elle durer ? La présidence de l'UGA souhaitait évacuer les locaux le 22 décembre. La Préfecture était prête à organiser cette expulsion, en proposant aux réfugié-e-s de tenter de trouver des places d'hébergement d'urgence en appelant le 115. Le collectif du Patio solidaire a refusé : il dénonce la précarité des dispositifs étatiques et les contrôles policiers fréquents dans les centres d'hébergement. Rien ne remplace la chaleur humaine et la force collective d'un lieu autogéré, comme en témoignent les revendications politiques récemment publiées par les occupant-e-s.

La présidence de l'UGA a finalement accepté l'occupation du Patio solidaire pendant les fêtes, sous réserve d'absence de troubles de l'ordre public.

[Vous souhaitez soutenir Le Patio solidaire ? Voici la liste de leurs besoins matériels.]

(Grenet, 06/12/17 et 12/12/17)

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Opération Sakado 2017

Un autre geste de solidarité simple et concret ? Pour le sixième hiver consécutif, l'association Sakado organise une collecte puis une distribution de ''sacs à dos garnis'' pour des personnes sans domicile. Cette opération est menée avec le soutien de plusieurs associations dont Point d'eau, le Fournil ou encore Femmes SDF.

Chaque sac contient un kit chaleur (vêtements d'hiver), un kit hygiène, un kit ''culture'' (stylo, radio, lampe, radio...) et un kit ''festif'' (fruits secs, conserves...). Cette année, l'objectif est de diffuser plus de 150 sacs dans l'agglomération.

Pour faire des dons d'objets ou participer à l'opération Sakado : http://sakadoisere.eklablog.com/

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L'incendie de la Casemate

C'était sans doute LE sujet chaud de ces dernières semaines... Dans la nuit du 21 novembre, le Fab Lab de la Casemate de Grenoble a été incendié. Les dégâts se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d'euros. Quelques heures plus tard, les revendications étaient publiées sur Indymedia Grenoble, suscitant de vives controverses*.

Après l'incendie volontaire de véhicules d'Enedis en mai, d'un entrepôt d'une gendarmerie de Grenoble en septembre, de voitures personnelles de gendarmes à Meylan en octobre, la recherche des coupables serait l'une des priorités de la Préfecture. Dans la ligne de mire : ''les milieux anarchistes''. Plusieurs dizaines de policiers et de militaires des services de renseignement seraient mobilisés pour les cartographier en Isère et préparer des actions.

La focalisation médiatique sur les mouvements libertaires a rarement été aussi forte à Grenoble, avec son lot de simplifications et d'exagérations. Dans les colonnes du Dauphiné Libéré, le préfet Lionel Beffre s'emporte : ''Nous avons à Grenoble des milieux anarchistes, libertaires, puissants, qui ont montré leur capacité de nuisances lors des manifestations de l'année dernière, en particulier contre la loi Travail. Des milieux contre lesquels nous ne désarmons pas. Eux, ils nient l'État, les institutions, mais nous, État et institutions, nous ne sommes pas là pour accepter ce type de comportement. Il est donc clair que nous les avons en face de nous. Il n'y aura aucune complaisance avec ces milieux-là.''

[Sabotages de grande ampleur, mobilisation exceptionnelle des forces de police, focalisation sur la ''mouvance libertaire'', déclarations martiales... Ça ne vous rappelle rien ? On retrouve les ingrédients de l'affaire Tarnac, dont le procès est prévu en mars 2018.]

* Pour un aperçu des controverses autour de l'incendie du Fab Lab, voici quelques morceaux choisis : La stupidité de l’incendie de la CasemateMisère technophobe ou encore DIY, makers, Fablabs.

(Dauphiné Libéré, 09/11/17, 22/11/17 et 23/11/17)

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Un robot Nao à Saint-Égrève

Et puisque l'on parle de l'invasion numérique... Le Centre Hospitalier de Saint-Égrève vient d'acquérir un robot Nao pour son service d'accueil d'enfants atteints de troubles du spectre autistique. C'est une première en Rhône-Alpes. Créé par Softbank Robotics et vendu 15 000 €, Nao est un petit robot humanoïde qui danse, raconte des histoires, propose des jeux et reconnaît les visages grâce à sa caméra à reconnaissance faciale.

Son but au Centre Hospitalier ? Communiquer avec les enfants : ''Les  autistes sont en panne avec les émotions, ils sont donc attirés par Nao qui n'a pas d'émotion, parle toujours avec la même voix, […] ne connaît pas l'agacement. […] Nao, c'est le copain idéal pour les enfants qu'on soigne ici'' explique, émerveillée, la psychiatre responsable du service.

[Nao, une merveille ? Pour une réflexion critique sur la déferlante de robots humanoïdes qui se prépare pour la médecine, la sécurité, l'habitat, les loisirs ou les services à la personne, nous vous recommandons la récente enquête Remplacer l’humain, Critique de l’automatisation de la société de Nicholas Carr, éditions L'échappée, 2017.]

(Dauphiné Libéré, 22/11/17 , Gre'net, 24/11/17 et 28/11/17)

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Des puces dans les poubelles

Électronique, encore. La Métro lance un plan de 238 millions d'euros pour moderniser le système de collecte et de traitements des déchets dans l'agglomération. Parmi les mesures-phares annoncées : l'installation de puces électroniques sur chaque poubelle dès 2019. Un badge nominatif sera nécessaire pour l'ouvrir. La ''taxe-déchets'' de chaque foyer sera calculée en fonction du volume des poubelles et au respect du tri. Dès 2018, le contenu des poubelles sera examiné par une ''brigade de la propreté'', qui établira d'éventuelles contraventions.

Les autres mesures ? La modernisation de l'incinérateur et l'extension du centre de tri Athanor, le déploiement de bacs marrons pour les déchets alimentaires et organiques, l'agrandissement de la zone de compostage de Murianette et l'ajout d'un système de méthanisation, la modernisation des déchetteries. La Métro prépare également une campagne d'incitation à l'utilisation de couches lavables : un bébé nécessiterait près d'une tonne de couches jetables.

L'objectif ? Diviser par deux la quantité de déchets et en recycler les deux tiers d'ici 2030. L'agglomération grenobloise serait actuellement la pire de France en matière de poubelles et de recyclage. Plus de 35 % du contenu des poubelles grises et 40 % des poubelles vertes ne seraient pas triés. Chaque habitant-e de la Métro produirait en moyenne 530 kg de déchets par an, un chiffre inchangé depuis 1998.

(Dauphiné Libéré, 10/11/17)

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Le feu sous la braise

Le 16 novembre, la manifestation contre la loi Travail, la sélection à l'Université et la suppression des contrats aidés a rassemblé 1 500 à 2 000 personnes à Grenoble, moins de 100 000 en France. Pour l'instant, aucune autre manifestation n'est prévue.

[Le mouvement social reprendra-t-il au printemps, en réaction aux nombreuses réformes à venir sur l’apprentissage et la formation professionnelle, l'assurance chômage, l'augmentation de la CSG, ou encore les atteintes au service public ? De nombreux politologues en sont convaincus, dont par exemple Frédéric Lordon.]

(Dauphiné Libéré, 17/11/17)

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Ecopla : Épilogue ?

Souvenez-vous : il y a un an, les ouvriers et ouvrières d'Ecopla occupaient leur usine de barquettes d'aluminium à Saint-Vincent-de-Mercuze, dans le Grésivaudan. Le collectif s'opposait au licenciement des 77 salarié-e-s et à la liquidation judiciaire de l'entreprise suite à des malversations de leur direction. Leur but ? Reprendre l'usine sous forme de coopérative autogérée, la SCOP Ecopla.

Quelques mois plus tard, leurs machines saisies par le repreneur italien Cuki-Cofresco, les négociations avec le tribunal de commerce et les représentants de l’État ayant échoué, le collectif annonçait amèrement la fin de cette lutte.

Les barquettes aluminium font cependant leur retour dans le Grésivaudan. Le 16 novembre, Cuki-Cofresco a inauguré une nouvelle petite ligne de production à la Terrasse. Quatre des six salariés sont des anciens d'Ecopla. L'entreprise, qui emploie 470 personnes en Italie et à Istanbul, promet une quarantaine d'embauches supplémentaires et plusieurs millions d'euros d'investissement dans l'usine d'ici 2020.

Les subventions perçues par Cuki-Cofresco pour installer cette nouvelle usine en France et les engagements réels sur le long terme ne sont pas encore précisés.

[Vous n'avez jamais entendu parler de la lutte des Ecopla ? Nous vous recommandons ce récit par Alternatives Libertaires Grenoble : Ecopla Scop : Retour sur un combat incertain.]

[Info de dernière minute : Le cinéma Le Méliès projette cette semaine le film L'usine de rien, sur des travailleurs et travailleuses qui reprennent en main leur usine...]

(Dauphiné Libéré, 17/11/17 ; Gre'net, 17/11/17)

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La ZAD de Roybon a fêté ses 3 ans

Sans elles et sans eux, le chantier du Center Parcs serait certainement presque terminé, et ce malgré les multiples recours juridiques : La Zone À Défendre de Roybon vient de fêter ses trois ans le samedi 16 décembre. Une journée spéciale était organisée pour l'occasion, avec visites, chantier collectif, discussions, concerts, grand banquet partagé... Plus d'infos ici.

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Affaire Sinisi : Le verdict

Deux mois d’emprisonnement assortis d’un sursis, 2000 € d’amende et quatre ans d’inéligibilité pour incitation à la haine raciale. C'est le verdict rendu mardi 28 novembre par le Tribunal correctionnel de Grenoble concernant l'affaire Sinisi. Franck Sinisi a cependant annoncé qu'il allait faire appel.

[À suivre... Pour un récit détaillé du procès, nous vous recommandons cet article de Vigilances Isère Antifascisme : Retour sur l'affaire Sinisi.]

(Dauphiné Libéré, 29/11/17)

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MJS Isère : #Balancetonexpresident

11 anciennes militantes des Jeunes Socialistes (MJS), dont plusieurs Iséroises, accusent leur président de l'époque Thierry Marchal-Beck d’agressions sexuelles entre 2010 et 2014. Les témoignages sont accablants. Les militantes décrivent un chef tout-puissant, violent et cynique, capable de commettre des attouchements sexuels lors de rencontres MJS puis de se présenter ensuite à la tribune comme un ''militant de la cause féministe''. La plupart des faits sont malheureusement prescrits et n’ont pour l’instant fait l’objet d’aucun dépôt de plainte.

Qui est Thierry Marchal-Beck ? C'est un proche de Benoît Hamon : il était son chef de cabinet adjoint au ministère de l'Éducation nationale, puis membre de son équipe de campagne aux présidentielles. Il est désormais délégué général de l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air.

[Pour plus de détails, nous vous recommandons les témoignages publiés dans Libération : Harcèlement sexuel au MJS: ''J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser.'']

(Libération, 14/11/17, Dauphiné Libéré, 18/11/17)

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A480 : Une enquête publique biaisée

L'enquête publique sur le projet d’élargissement de l’A480 et d’aménagement du Rondeau vient d'être prolongée jusqu'au 12 janvier. Plus de 700 riverain-e-s ont déjà donné leur avis. Cette enquête fait l'objet de vives critiques, en particulier pour ses informations biaisées :

- Elle ne détaille pas le contenu de l’accord secret signé en 2015 entre l’État et AREA, rendu public en septembre dernier. Cet accord est pourtant essentiel : Il précise comment AREA compte rentabiliser ses 300 millions d'euros d'investissement par l'augmentation des trafics aux péages de Voreppe et sur l’A51, de l'ordre de 8 à 16 % d'ici 2030. L’enquête publique affirme pourtant qu’il n’y aura pas d'augmentation des trafics aux extrémités de l’A480.

- Elle n'étudie pas la possibilité d'une limitation permanente de vitesse à 70 km/h sur la portion centrale de l'A480, pourtant suggérée dans le protocole d’intention de novembre 2016 entre l’Etat, la Métro, le département et AREA. Le projet d'une voie spécialement réservée aux transports publics ou au covoiturage est également absent.

Les 700 pages du dossier d'enquête apportent cependant des informations saisissantes sur l'agglomération, en particulier sur l'usage actuel des voitures. On y apprend par exemple que plus de 90 % des 100 000 véhicules passant chaque jour sur le Rondeau ne comportent aucun passager.

Pour donner son avis et participer à l'enquête publique, il suffit d'envoyer un mail à enquetepubliquea480rondeau@orange.fr

[Pour plus de détails, nous vous recommandons cet article de l'ADES : Retours sur l'enquête publique de l'A480 et le dossier spécial A480 d'Ici Grenoble.]

(Dauphiné Libéré, 09/12/17 ; ADES, 01/12/17)

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Les Solénoïdes, ça démarre bientôt !

Bonne nouvelle : le collectif Les Solénoïdes a enfin trouvé un local pour son projet de garage mécanique auto associatif. L'atelier sera porté par des mécanos ''meufs, gouines ou trans''. Il proposera du matériel mutualisé, des conseils techniques, des chantiers collectifs, des ateliers pour les débutant-e-s, etc.

[Plus d'infos prochainement... En attendant, si vous souhaitez faire réparer votre auto, nous vous recommandons le garage associatif Solidarauto d'Échirolles, dont les tarifs sont en fonction du quotient familial.]

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Le ravi de la crèche

Comme Robert Ménard dans la mairie de Béziers, Laurent Wauquiez a fait installer cette année encore une crèche de Noël dans le hall de l'Hôtel de Région. La Justice lui a pourtant interdit ce signe religieux, contraire à la loi de 1905 et au principe de laïcité.

Pour contourner la loi, le nouveau chef du parti Les Républicains affirme qu'il ne s'agit pas d'une crèche mais d'une exposition de santons : "La justice et le droit nous ont dit que nous n’avions pas la possibilité de mettre une crèche à l’intérieur de la Région et c’est pour cela que cette année, le souhait qu’on a fait, c’est de faire une exposition sur l’art des santonniers".

[Pour saisir la violence symbolique de Laurent Wauquiez et le sens de la loi de 1905, nous vous recommandons cette petite conférence sur la laïcité du sociologue Raphaël Liogier.]

(Dauphiné Libéré, 04/12/17)

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Antennes-relais de Fontaine : une victoire

Après neuf mois de luttes contre l’installation de deux nouvelles antennes-relais à Fontaine, le collectif Stop antenne Cachin a gagné : la mairie de Fontaine a décidé d’interdire toute nouvelle antenne dans la commune. Rappelons qu'Orange et Free souhaitaient installer un pylône à 60 mètres de l’école Anatole France et de plusieurs crèches.

Des négociations sont également en cours sur le réseau existant. Fin septembre, l’Agence nationale de fréquences révélait que l’émission de l’antenne près de l'école Cachin s’élève déjà à plus de 2 V/m. Or le niveau du ''seuil d’innocuité'' fixé par le Conseil de l’Europe est de 0,6 V/m.

[Les luttes contre les ondes électromagnétiques ont de l'avenir : d'ici 2020, les opérateurs téléphoniques souhaitent déployer la 5G, une cinquième génération de mobiles dont le très haut débit nécessite un maillage plus serré d'antennes. En septembre, 170 scientifiques lançaient un cri d'alerte sur les risques sanitaires de la 5G.]

(Place Gre'net, 08/12/17)

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