A480 : 1130 mails rendus publics

09/01/2018

L'enquête publique sur l'élargissement de l'A480 et l'aménagement du Rondeau s'est terminée le 12 janvier. La Préfecture a déjà rendu publique 1130 contributions reçues par mail. C'est l'occasion d'explorer l'opinion des habitant-e-s osant donner leur avis.

De nombreuses institutions et associations ont également donné leur avis. Nous publions ci-dessous les avis de l'ADTC, de l'Union des Habitants des Eaux-Claires et des Amis de la Terre Isère.

Pour des informations méconnues sur l'A480, nous vous recommandons le dossier spécial d'Ici Grenoble.

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L'avis de l'Association pour le Développement des Transports en Commun (1000 adhérent-e-s)

L’ADTC demande à la commission d’enquête de délivrer :

- un avis défavorable pour le projet d’élargissement à 2*3 voies de l’A480
- un avis favorable pour le projet d’aménagement de l’échangeur du Rondeau

Pour l’ADTC, les études de trafic sont anormalement optimistes

L’ADTC a comparé les études de trafic à celles qui avaient été réalisées en 2009 dans le cadre du projet de rocade Nord et a identifié un trafic sur l’A480 supérieur de près de 36000 véhicules par jour dans les études de 2009 par rapport à celle présenté dans l’enquête publique en 2016, c’est dire une différence de 33 %. Cet absence de trafic induit dans l’étude présentée à l’enquête est particulièrement étonnante car contraire à ce qui est observé de manière universelle lorsqu’on augmente la capacité d’une voirie en zone urbaine.

Compte-tenu de ce manque de cohérence des études de trafic, l’ADTC estime que l’augmentation de la capacité en passant à 2*3 voies l’A480 induira inéluctablement une augmentation du trafic global, ce qui en complète contradiction avec les objectifs de réduction de la part modale de la voiture et conduisant à une augmentation de la pollution.

L’ADTC fait d’ailleurs remarquer qu’il est paradoxal qu’une agglomération comme Grenoble, qui doit lutter contre la pollution, se dirige vers une direction opposée en augmentant les capacités autoroutières au cœur même de l’agglomération.

Pour l’ADTC, le "verrou nord" n’est pas crédible et ne remplirait pas son rôle de blocage du trafic d’échange et de transit.

Cette très courte section à 2 voies, située dans une zone de fluidité immédiatement en aval de la bifurcation, ne peut pas constituer un verrou. Elle ne peut donc prétendre limiter le trafic de transit ou d’échange. Au contraire, l’augmentation de capacité ne peut qu’engendrer une augmentation du trafic en favorisant l’afflux de véhicules dans le centre de la métropole et donc de la pollution.

Pour l’ADTC, le développement d’alternatives à l’élargissement de l’A480 permettrait de diminuer significativement la congestion sur l’A480.

La justification du choix d’élargir l’A480 plutôt que de développer les solutions alternatives est expédiée en 2 pages (pages 404 et 405), dont une page consacrée aux schémas du réseau TAG et du réseau TER).

L’ADTC a montré qu’il y a beaucoup de choses à faire pour réaliser un report modal de l’automobile vers le transport collectif et les modes actifs (poursuite de développement des lignes de tramways et TER, aménagements cyclables...) Le résumé en 2 pages des alternatives et des leurs effets montre que ces solutions alternatives n’ont pas fait l’objet d’études approfondies. Le dossier présenté ne permet pas donc de conclure sur l’intérêt du projet d’aménagement de l’A480.

Quelques considérations sur le coût des travaux

L’ADTC s’interroge donc sur la pertinence d’investir près de 300 M€ pour un projet qui ne démontre pas son utilité. L’ADTC fait remarquer que pour une somme équivalente on pourrait créer une nouvelle ligne de tramway vers le Grésivaudan et un prolongement de la ligne E à Pont de Claix, cette dernière étant de nature à réduire le trafic de l’A480. Les difficultés à financer les transports publics et donc des solutions alternatives, et la facilité apparente mais trompeuse à financer les aménagements autoroutiers (augmentation des péages et de la durée de la concession AERA) ne doivent pas servir de prétexte à des aménagements routiers au détriment de la lutte contre la pollution.

Aménagement du Rondeau

L’ADTC est favorable à l’aménagement du Rondeau qui permettra de diminuer les nuisances notamment sonores pour les riverains et permettra les échanges locaux notamment pour la ligne TAG C6 (Grenoble Presqu’île - Rive Gauche du Drac - Grand Place - St Martin d’Hères H. Wallon) même en cas de congestion de l’échangeur.

En conclusion

Le dossier d’élargissement de l’A480 présenté à l’enquête publique présente des prévisions de trafic irréalistes et n’a pas vraiment étudié les alternatives (brièvement mentionnées en 2 pages seulement).Ce projet rajoute des capacités de circulation routière dans une agglomération déjà victime de la pollution et qui entend réduire la part des déplacements automobiles. Une augmentation de la capacité entraîne inévitablement une augmentation du trafic et donc de la pollution. Ce projet apparaît donc en contradiction avec les objectifs de la métropole et la tendance générale de limiter le trafic automobile dans toutes les agglomérations.

Pour l’ADTC, l’aménagement de l’échangeur du Rondeau présente par contre de nombreux avantages.

Au vu des différents éléments analysés, l’ADTC a demandé à la commission d’enquête d’émettre l’avis dissocié suivant :

- Avis Favorable pour l’aménagement de l’échangeur du Rondeau.
- Avis Défavorable pour l’élargissement de l’A480 à 2*3 voies.

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L'avis de l'Union des Habitants des Eaux-Claires : c'est ici.

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Contribution des Amis de la Terre de l'Isère à l'enquête publique
 
Rappel de la position des Amis de la Terre dans le Débat public 2004 / 2005 sur la liaison Grenoble - Sisteron :
 
- Ne pas favoriser l’accroissement du trafic dans la traversée de Grenoble dans la perspective du prolongement de l’A51
- Ne pas augmenter la pollution de l’air dans l’agglomération Grenobloise, à commencer pas les riverains de la voirie urbaine
 
Même si le contexte a partiellement évolué, nos préoccupations et nos objectifs restent les mêmes. Ils constituent la base de nos contributions à la présente enquête.
 
I. Le protocole d’intention du 10 novembre 2016 n’est ni présenté ni respecté dans le projet actuel  « une vitesse limitée à 70 km/h ».
 
Il manque dans le dossier d’enquête un document important, pourtant signé par les maîtres d’ouvrage (AREA et Etat) et les collectivités, département, et métropole. Ce document insiste sur la diminution des vitesses au moins entre le diffuseur du Vercors et le diffuseur de Louise Michel.

Il est bien indiqué que toutes les parties prenantes au protocole conviennent de l’intérêt d’une vitesse limitée à 70 km/h. Pourquoi ceci n'est pas intégré dans le projet ? La preuve a été maintes fois apportée, en France et ailleurs en Europe, qu’une telle limitation entraînait un gain d’efficacité dans la gestion des flux de circulation, et une diminution notable des pollutions issues de la circulation.

Mais cela n’a pas empêché que soient émises sur ce sujet, encore récemment, de notables contre-vérités. Cette omission dans l’actuel projet nous parait être une lacune majeure, justifiant à elle seule l’étude d’une contreproposition incluant cette mesure.
 
II. Quelle prise en compte de la concertation préalable effectuée en 2011 alors que le projet était très différent de celui présenté actuellement ?
 
Cette concertation avait permis de dégager un consensus sur l’intérêt d’une vitesse limitée à 70 km/h (cf point précédent) et sur le rôle essentiel d’une amélioration de l’échangeur du Rondeau. Il nous semble donc que l’ancien projet dont l’Etat était maître d’ouvrage, correspondait mieux, pour un coût nettement plus faible, à la solution des problèmes posés, et qu’il serait utile en termes d’utilité publique de vérifier quelles pourraient être les améliorations apportées à la fluidité du trafic par l’aménagement du seul échangeur du Rondeau. Ce point pourrait justifier à lui seul l’étude d’une contreproposition incluant cette mesure.
 
III. Non prise en compte du contexte global de décroissance des flux de circulation dans l’agglomération grenobloise
 
Dans le projet qui nous est présenté, la base de prévision des évolutions du trafic s’appuie sur les évolution démographiques à l’horizon 2020 et 2030. Or, les politiques publiques menées de longue date dans l’agglomération pour diminuer le recours à l’automobile ont eu un impact positif sur la répartition des parts modales, et la tendance parait être une poursuite et une amplification de ces politiques publiques.

L’actuel projet d’augmentation de capacité de l’A480 dans la traversée du centre de l’agglomération va à l’inverse des politiques publiques précitées, et donne un signal d’encouragement à l’utilisation de la voiture individuelle, pour un montant d’investissement qu’il serait préférable de consacrer à l’amplification de l’effort sur des transports en commun efficacement implantés (mais ce n’est pas l’objectif prioritaire du maître d’ouvrage actuel).
 
En conclusion, les AT38 déposent sur le registre d’enquête publique les observations ci-dessus exprimant fortement leur souhait d’une prolongation de l’enquête publique, dont l’objectif prioritaire serait d’élaborer une contreproposition à l’actuel projet, de façon à :
 
- Instaurer un projet limitant la vitesse à 70 km/h dans la traversée urbaine
 
- Vérifier l’impact sur la fluidité du trafic de l’échangeur du Rondeau réalisé seul, sans modification du gabarit de l’A480 dans la traversée du centre de l’agglomération
 
Il nous parait enfin qu’une réunion publique se situant avant la fin de l’enquête publique serait la condition nécessaire pour clôturer de façon pleinement démocratique  cet exercice démocratique qu’est une enquête publique. Ce serait le moyen simple et direct d’échanger des informations sur ce dossier entre acteurs n’ayant pas nécessairement les mêmes points de vue ; ceci étant de nature à faire émerger des solutions alternatives à celles du projet mis à l’enquête.