Camp de Roms brûlé à Mistral : Les réactions

11/06/2018

Suite à l'attaque d'un camp de Roms dans le quartier Mistral de Grenoble dimanche 10 juin en soirée, le CIIP , le DAL Isère et la Patate Chaude publient les communiqués ci-dessous. Un rassemblement de solidarité s'organise également vendredi 22 juin à 10h45 devant la mairie de Grenoble.

Communiqué du CIIP :

"Nuit du dimanche 10 au lundi 11 juin : une trentaine de Roms, dont des enfants, qui s’étaient réfugiés depuis des mois dans des cabanes de fortune sur des terrains vagues du quartier Mistral, ont dû fuir précipitamment, littéralement apeurés, leurs pauvres bicoques incendiées volontairement par des habitants du quartier.

Le Centre d’Information Inter-Peuples, au-delà de notre condamnation d’un tel incendie criminel qui aurait pu provoquer des morts, tient à rappeler que depuis de très nombreuses années des bidonvilles se constituent ici et là dans l’agglomération grenobloise, faute d’hébergements, alors même que selon le Code des familles et d’une façon générale selon la Constitution, toute personne, quelle que soit son origine ou son statut, doit pouvoir bénéficier d’un toit.

Oui, au XXI° siècle, alors qu’on nous rappelle sans cesse que la France est la 5ème puissance au monde, il est absolument inouï, totalement scandaleux, que les pouvoirs publics, l’Etat d’abord, mais aussi les collectivités locales laissent des milliers de personnes, dont des familles avec enfants en bas âge, à l’abandon pur et simple.

Le fait qu’on laisse se perdurer et pourrir littéralement des situations aussi invivables et insoutenables, ne peut qu’engendrer une « guerre des pauvres contre de plus pauvres », en l’occurrence des habitants de Mistral, même s’il s’agit d’une minorité, contre ces Roms chassés de partout…

Ce qui est en cause, à travers ce tragique « fait divers », c’est cette chasse aux Roms, aux migrants, mais aussi parallèlement aux exclus de notre société qui renvoie à un « modèle » social profondément inégalitaire, violent, inhumain.

Le CIIP, au-delà de notre condamnation, continuera plus que jamais son combat- et ce depuis près de 40 ans- pour une toute autre société, pour un tout autre monde solidaire, sans racisme, sans exclusion, sans discrimination."

Communiqué du DAL et de la Patate Chaude :

 

Le CIIP publie également ce communiqué suite au drame de migrant-e-s au bord de l'Aquarius :

"Lundi 11 juin, le tout nouveau ministre de l'intérieur italien, Mattéo Salvini, vient de décréter la fermeture de tous les ports du pays, bloquant ainsi l'Aquarius avec à son bord 629 personnes dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes. Le ministre d'extrême droite, par cet acte politique ignoble tient à illustrer sa politique «anti migrants», lui qui a déjà déclaré que «les 500 000 réfugiés sur le sol italien doivent faire leurs valises».

Malte refuse également l'entrée dans ses ports, seule l'Espagne a proposé d'accueillir par «souci d'humanité» les passagers du bateau. Silence complice et coupable à ce jour du président Macron et des membres du gouvernement français. Quant à la commission européenne elle se contente de réclamer «un règlement rapide de la situation»!!!

Le Conseil Européen qui se réunit les 28 et 29 juin sur le règlement Dublin a peu de chance de voir une quelconque avancée pour les personnes essayant d'entrer dans l'UE. En effet, la proposition de modification de «Dublin»est de « mettre en place un dispositif de répartition par quota dans l'ensemble des pays européens pour alléger la situation des pays en première ligne mais seulement s'il s'agit d'une situation exceptionnelle» et ceci à l'issue d'un vote à la majorité qualifiée (75% de votants).

Pour le CIIP, 

* Il faut en finir avec le règlement Dublin qui renvoie systématiquement tous les réfugiés arrivant dans les pays de l'UE dans celui où ils ont débarqué, souvent l'Italie ou la Grèce.

* Il est aussi indigne de «gérer les flux migratoires» (!) par des quotas. Souvent les réfugiés ont des raisons de choisir un pays plutôt qu'un autre: ils y rejoignent de la famille, des amis, ou ils connaissent la langue...Respecter leur volonté, serait le minimum !

* L'UE doit ouvrir ses frontières. On rappelle que peu de réfugiés parviennent aux portes de l'UE qui a de plus largement les moyens de les accueillir. Fermer les frontières et conduire des politiques de répression à chacune des frontières contre les migrants comme c'est le cas aujourd'hui aboutit partout à  la montée de la xénophobie, du racisme et à la victoire de partis d'extrême droite et de leurs idées.

* Nous voulons aussi le droit de circuler et de s'installer dans le pays de son choix, reconnu de fait à la minorité la plus riche de la planète, pour tous et toutes."