Soutien au camp de Courtade

10/01/2014

Mercredi 9 janvier à partir de 8h30, le Front contre les expulsions dans l'agglomération grenobloise appelle à un rassemblement au Tribunal d’Instance de Grenoble, en soutien aux habitant-e-s du camp de Courtade (Fontaine).

De quoi s'agit-il ? Voici les explications :

"Une cinquantaine de Roms roumains vivent depuis 3 ans dans des cabanes sur un terrain dit Courtade à Fontaine, entre le parking de Géant Casino et le McDo. Ce terrain est dans le périmètre d’une future opération d’aménagement. Pour cette raison, il a été cédé à l’EPFL dont le rôle est justement d’en assurer le portage en attendant la réalisation du projet, laquelle est sans cesse différée. Les habitant.e.s de Courtade avaient eu l’assurance de ne pas être expulsé.e.s avant l’été 2019.

Depuis le début, un certain nombre d’associations, coordonnées par Roms action, accompagnent les habitant.e.s dans leurs difficultés matérielles (accès aux fluides, sanitaires, relation avec les pouvoirs publics, scolarisation) et les aident à envisager la suite (relogement, ressources,...). Plusieurs personnes ont du reste pu trouver un logement et un travail.

Différents projets réalistes ont été élaborés en lien avec les collectivités tels que :
- projet de caravanes ;
- mise en place d’un comité de suivi entre représentants des habitant.e.s, des associations et des collectivités concernées.
Ces projets ont avorté faute de volonté de la part de la mairie et de l’EPFL

En septembre dernier, monsieur Trovero, maire de Fontaine, est revenu sur cette promesse et a demandé à l’EPFL d’expulser les habitant.e.s, en arguant de nuisances pour les riverains. De fait, l’EPFL a assigné les habitant.e.s et l’audience du tribunal de grande instance est fixée, après un second report, au 9 janvier à 9h.

Pour protester contre cette décision brutale et sans réel accompagnement social ni relogement, une vingtaine de militant.e.s solidaires et de soutiens, représentant plusieurs organisations, sont intervenu.e.s lundi 26 novembre lors du conseil municipal de Fontaine et ont lu les déclaration en pièces jointes.

En réponse, monsieur Trovero a dressé un tableau apocalyptique de la situation dans et autour de Courtade : vols, bagarres, bruit, saleté,incendie, prostitution, trafic de chiens, trafic de drogue, et même trafic d’armes... Il ne manquait au tableau que le trafic d’organes.
Ajoutons à cela la non destruction d’une chapelle - une cabane - considérée par lui comme établissement recevant du public ne respectant pas les normes.

Présentée ainsi, la situation ne pouvait que convaincre les conseillers et conseillères !

Il est toujours difficile de prouver qu’un événement n’a pas existé, mais les personnes qui connaissent bien le camp savent à quel point cette situation, présentée par le maire comme "factuelle", est soit très exagérée soit carrément mensongère, et il nous est possible de répondre à ces accusations et de témoigner si nécessaire.

Cette façon de colporter des rumeurs, de les exagérer, de les inventer, bref de hurler avec les loups, c’est déjà une attitude peu digne de sa fonction.
Mais que dire de désigner sans preuve, et collectivement, un groupe de Roms pour demander une sanction collective : l’expulsion.

Répondant à une remarque sur les droits des personnes, monsieur Trovero a du reste répondu : "Etant sur ce terrain sans droit ni titre, ils ne peuvent se réclamer du droit !"

Tout ceci se passe de commentaire.

Suite de la mobilisation mercredi 5 décembre à 8h30 devant le tribunal."

De 8h30 à 11h

Devant le Palais de Justice de Grenoble

 

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À propos du Front contre les expulsions

Vous avez sans doute déjà vu leurs affiches dans les rues de Grenoble... Depuis plusieurs mois, le Front contre les expulsions dans l'agglomération grenobloise mène une campagne acharnée pour obliger les pouvoirs publics à ne plus mettre des personnes à la rue, mais plutôt à les reloger.

Le 21 décembre, le Front contre les expulsions organisait une action devant le siège de la Métro. Objectif ? Demander aux 49 maires de l'agglo d'adopter un arrêté anti-mise à la rue.

Suite à cette action, nous avons reçu le message suivant :

"Salut les ici Grenoble,

Je trouve que vous devriez mettre plus en avant le Front contre les expulsions dans l'agglo.

Depuis plusieurs années, l'association Droit Au Logement Isère fait un boulot politique exceptionnel. Elle est sur le terrain, au contact des gens, avec de nombreuses permanences chaque semaine. Elle soutient des squats et des campements, avec un soutien humain, matériel et juridique.

Sans baratin, mais avec un travail patient et tenace, elle réussit à faire une vraie convergence des luttes. Il y a des jeunes, des vieux, des couleurs de peau différentes, des pauvres, des classes moyennes, des libertaires, des communistes, des gens installés dans la vie, des gens dans la grande précarité. Un sacré mélange pas toujours simple, mais qui tient. On avait rarement vu ça à Grenoble depuis dix ans. Le Front contre les expulsions, c'est une expérience politique exceptionnelle.

J'étais au rassemblement le 21 décembre devant la Métro. J'ai vu l'accueil glacial à l'entrée, les CRS aux aguets. J'ai vu les regards méprisants de nombreux maires. Il en fallait du courage et de l'applomb pour parler devant tous ces élus, pour faire face aux discours déguelasses sur les Roms du camp de Courtade.

Voilà, pour démarrer cette année, je voudrais que vous encouragiez le maximum de personnes à soutenir cette lutte.

Merci de prendre en compte ce message, bonne année et à bientôt dans les luttes !

R."

Prochaine action du Front contre les expulsions : Mercredi 9 janvier, action de soutien au campement de Courtade.

Pour plus d'infos : 06 41 30 55 18, page facebook ou droitaulogement (at) gresille.org

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Voici l'arrêté proposé par le Front contre les expulsions aux maires de l'agglomération grenobloise :

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À propos du Front contre les expulsions

Voici le texte de présentation, initialement porté par l'association Droit Au Logement Isère :

"Nos conditions de vie et de travail se dégradent, il est de plus en plus dur de faire face à la fin du mois. On sait que ça ne va pas aller en s’améliorant.

La loi Elan va déclencher une avalanche d’expulsions, alors qu’il y en a déjà de plus en plus chaque année et que nous avons du mal, chacun de notre côté, à les empêcher.

Nous refusons de céder au désespoir et à la fatalité, mais voulons au contraire :

- S’organiser ensemble pour empêcher concrètement les expulsions
-  Obliger les pouvoirs publics à arrêter de mettre des personnes à la rue, mais plutôt à les reloger.

Toutes et tous concerné.es, nous voulons constituer un large front contre les expulsions à Grenoble et environs."

Pour plus d'infos : 06 41 30 55 18 ou droitaulogement (at) gresille.org

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Pour en savoir plus sur les questions de logement, nous vous recommandons également les dossiers d'ici Grenoble sur le mal-logement, le logement social, les personnes sans logement et les logements vides dans l'agglomération grenobloise et en Isère.