Prix des pires bailleurs de l'agglo : Les réactions

14/02/2020

Jeudi 13 février, lors d'une assemblée réunissant la quasi-totalité des bailleurs sociaux de l’Isère, l'association Droit Au Logement 38 a remis les prix des "pires bailleurs de l'agglomération grenobloise".

Les réactions des bailleurs sociaux ont été particulièrement virulentes, accusant le DAL "d'incompétence et d'inaction"...

Voici la riposte du DAL Isère :

"Face à la crise du logement, les bailleurs « sociaux » de l’Isère voudraient que les locataires payent leurs loyers et basta…

Nos permanences ne désemplissent pas de locataires HLM de plus en plus en difficulté, se heurtant à des bailleurs sociaux qui se comportent de plus en plus comme des entreprises lucratives, et respectent de moins en moins leurs obligations de propriétaires.

Logements indécents, travaux jamais réalisés, expulsions, mutations qui n’interviennent jamais, propreté laissant à désirer, malfaçons, précarité énergétique, loyers et charges à la hausse… les bailleurs font des économies et des bénéfices sur le dos des modestes locataires HLM : ces dérives provoquent des drames humains, touchant à la santé physique et morale de beaucoup d’entre nous. Généralement, un relogement des locataires mis en difficulté permet de régler leur problème...

Face à ça, le DAL a organisé, ce jeudi 13 février, lors de la réunion d’Abise (association regroupant quasiment tous les bailleurs sociaux de l’Isère) , une « remise de prix du pire bailleur » afin de parler de ces problèmes lourds sur un ton volontairement décalé, et de permettre l’expression de celles et ceux qu’on entend jamais, car leur parole est méprisée, inaudible, décrédibilisée en permanence. Cachons cette misère qu’on ne saurait voir !

Ça n’a pas loupé : Les bailleurs se sont fendus d’un communiqué de presse minable et méprisant, reléguant la parole des locataires organisés au sein du DAL à un « coup de com’ ».

Pourtant, en amont, le DAL avait sollicité un rendez-vous avec Absise pour évoquer des éventuels relogements, rendez-vous qui nous avait été refusé. Par ailleurs, qui habite et parcourt les quartiers populaires sait la colère des locataires en direction de leur bailleur. Il serait temps qu’ils l’entendent et qu’ils agissent, au lieu de taper sur les associations de locataires, mal-logéEs et sans logis défendant leur droit à se loger dignement dans la ville.

Le DAL manifeste de nouveau sa volonté de défendre avec les locataires HLM le logement social : en témoigne l’initiative « Vive l’APL » prise en septembre 2017 face à la baisse de 5e annoncée par le président Macron, ses manifestations contre la loi ELAN aboutissant à l’envahissement de la permanence du député-rapporteur Olivier Véran en septembre 2018, son combat contre les démolitions de logements sociaux à la Villeneuve et évidemment contre la privatisation et la marchandisation d’ACTIS, OPH de la région grenobloise.

Les bailleurs sociaux doivent changer leurs pratiques et respecter les droits des locataires, et les responsables politiques tout mettre en œuvre pour stopper la crise du logement, accorder plus de moyens aux bailleurs HLM au service des locataires et immédiatement arrêter la financiarisation du logement social : sous Macron les fonds d’investissement, en particulier Blackrock, ne sont jamais loin..."

Pour en savoir plus sur le mal-logement en Isère, c'est ici.