Le retour des luttes étudiantes ?

08/01/2014

En décembre, les luttes lycéennes et étudiantes étaient vives dans l'agglomération. Vont-elles reprendre cette semaine ? Mardi 8 janvier, l'Union Nationale des Lycéen-ne-s appelle à une nouvelle journée de grève et de blocage des lycées. Le même jour à midi sur le campus, les étudiant-e-s en lutte organisent une Assemblée Générale interluttes.

Quelles sont les revendications ? Quel était le niveau de mobilisation en décembre ? Comment rejoindre ces luttes ?

ici Grenoble vous propose un petit topo de la situation.

1. Les revendications

L'une des principales revendications est l'annulation de la hausse des frais d'inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s (hors Union Europénne) qui vont passer de 170 € à 2770 € en licence, et de 380 € à 3770 € en master et doctorat.

De manière générale, les revendications concernent les politiques jeunesses du gouvernement : Parcoursup, la hausse généralisée des frais d'inscription, le retour du service obligatoire, les politiques logement, la précarisation, les classes surchargées, la réforme du BAC, les politiques économiques, la répression policière...

2. Le niveau de mobilisations

Sur le campus, l'AG du 4 décembre avait rassemblé plus de 150 étudiant-e-s. Le rassemblement devant la Présidence de l'UGA, le 6 décembre, avait réuni une centaine d'étudiant-e-s. L'AG à Sciences-Po Grenoble lundi 10 décembre avait réuni plus de 80 personnes. L'AG du 11 décembre avait réuni plus de 300 personnes.

Les manifestations lycéennes ont rassemblé plusieurs centaines de lycéen-ne-s du 3 au 7 décembre, avec un maximum d'environ 400 manifestant-e-s à Grenoble le 7 décembre.

Les manifestations étudiantes ont été particulièrement intenses le 7 décembre en fin d'après-midi et en début de soirée dans le centre-ville de Grenoble.

Au total, plus d'une douzaine de lycées ont été bloqués ou perturbés dans l'agglomération, dont Aristide Bergès à Seyssinet-Pariset, Vaucanson, Mounier, André Argouges à Grenoble, Pablo Neruda à Saint-Martin-d’Hères.

3. La répression

Beaucoup de gaz lacrymogène dans le centre-ville de Grenoble ! Les CRS et la BAC ont violemment chargé les lycéen-ne-s à de nombreuses reprises, en particulier suite aux bris de vitrines, aux incendies de poubelles ou aux blocages de la circulation.

Cette répression n'a pas été sans conséquences. Le 4 décembre, une lycéenne de 16 ans du lycée Jean-Jaurès a été grièvement blessée au visage par un tir de flash-ball. La famille a porté plainte. Au moins dix lycéen-ne-s ou étudiant-e-s ont été interpellé-e-s pour "jets de projectile", plusieurs dizaines ont été blessé-e-s.

La répression des étudiant-e-s en lutte a été intense un peu partout en France, avec des scènes particulièrement choquantes.

4. Comment rejoindre ces luttes ?

Facebook est (malheureusement) le média principal de cette lutte. La page diffusant des informations précises et actualisées est celle de Grenoble en lutte, suivie par plus de 4400 personnes.

À suivre...

* * *

Voici l'un des textes expliquant la mobilisation :

"L'annonce a été faite le 19 novembre, à partir de l'année prochaine les étudiant.e.s étranger.e.s hors union européenne verront leurs frais d'inscription passer de 170 € à 2770 € en licence et de 380 € à 3770 € en master et doctorat.

Cette réforme, sous couvert d'attirer plus d'étudiant.e.s selon le premier ministre, est toujours selon lui un moyen d' "opérer une forme de révolution pour que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence".

Cette réforme, en plus de renforcer les inégalités déjà à l'oeuvre au sein du système universitaire, en excluant les étranger.e.s les plus pauvres, est raciste et xénophobe dans le sens où elle implique une différence de traitement entre les ressortissant.e.s de l'U.E. et les autres.

Il est clair que cette mesure vise à opérer un tri entre les étudiant.e.s, sous couvert d’une prétendue logique d’attractivité, d’excellence et de compétitivité des universités : non plus former l’ensemble des personnes qui le souhaitent dans une logique de service public, mais choisir la population étudiante la plus aisée.

Si nous ne faisons pas céder le gouvernement dans son projet, nous pouvons nous attendre à une augmentation des frais d’inscription pour tou.te.s les étudiant.e.s, comme le mentionne le rapport de la cour des comptes qui préconise la hausse des frais d'inscription à l'université pour tou.te.s les étudiant.e.s qu'ils ou elles soient français.e.s ou étranger.e.s.

Nous refusons cette réforme et appelons les étudiant.e.s grenoblois,qu'il ou elle soit concerné.e ou non à l’heure actuelle à se mobiliser."