La reconnaissance faciale s'étend en PACA

25/02/2019

Après les lycées, les rues. La ville de Nice vient d'être autorisée par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) à tester un système de reconnaissance faciale sur la voie publique. Cette expérimentation aura lieu les 19 et 20 février, dans l'enceinte du carnaval de Nice.

Selon le journal Libération, "le test consiste à demander à un millier de volontaires venant au Carnaval de jouer le rôle de «cobaye» et d'accepter le principe de la reconnaissance faciale, ce qui permettra ensuite de rechercher parmi eux des personnes disparues ou suspectes dont les opérateurs de vidéo-surveillance auront la photo." (19/02/19)

Rappelons qu'en décembre dernier, le Conseil Régional de PACA décidait l'installation de dispositifs de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de Nice et de Marseille, dès 2019. Christian Estrosi souhaite généraliser la vidéosurveillance biométrique à l'ensemble des lycées de la région.

Ces expérimentations intéressent de près Laurent Wauquiez, le président de la région Rhône-Alpes.

La reconnaissance faciale est-elle légale ? En quoi est-ce une technologie liberticide ? Est-elle réellement efficace en matière de sécurité, et de quelle sécurité parle-t-on ?

Pour comprendre les enjeux politiques et légaux autour de la reconnaissance faciale, nous vous recommandons un article de l'association La Quadrature du Net : Reconnaissance faciale au lycée, l'expérimentation avant la généralisation.

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À propos de la vidéosurveillance

En 2018, le sociologue et spécialiste des questions de délinquance Laurent Mucchielli a publié le livre Vous êtes filmés, enquête sur le bluff de la vidéosurveillance (Armand Colin, 2018). Il s'agit d'un travail de terrain de plusieurs années dans trois villes équipées de caméras de vidéosurveillance.

Deux conclusion majeures se dégagent de cette enquête :

1. La vidéosurveillance est rarement utile pour les enquêtes policières et ne ferait que déplacer la délinquance. L'aide qu'apporte réellement la vidéosurveillance à la police et la gendarmerie ne concernerait qu'entre 1 et 3 % de leurs enquêtes.

2. La vidéosurveillance est un gaspillage d'argent public et un outil de démagogie électoraliste, principalement utilisé par les politiciens de droite.

Pour en savoir plus, nous vous recommandons une interview de Laurent Mucchielli sur France Inter : La vidéosurveillance ne résout pas la délinquance. (durée : 12 minutes)

Pour l'écouter, c'est ici.