Le Printemps jaune nassé par les gendarmes

06/03/2019

Samedi 9 mars, les Gilets jaunes organisaient un Printemps jaune à Grenoble : une manifestation régionale centrée sur les luttes ouvrières, les enjeux industriels à Alstom et Caterpillar Grenoble, les méfaits du MEDEF.

En début de manifestation, plus de 150 gendarmes ont nassé et systématiquement fouillé les 250 manifestant-e-s présent-e-s. Quatre Gilets jaunes ont été isolés et interpellés. Les manifestant-e-s exigeant la libération de leurs camarades ont été violemment gazé-e-s.

Parallèlement, un impressionnant dispositif de fourgons mobiles a été déployé pour empêcher les Gilets jaunes d'approcher l'usine Caterpillar.

Ces méthodes d'intimidation et de répression organisées par la Préfecture de l'Isère vont-elles finir par décourager les Gilets jaunes de manifester ?

Rappelons que jeudi 14 mars à 19h30 à la Maison de l'avocat, une soirée d'informations et d'échanges interluttes s'organise contre la répression policière et pour le droit de manifester à Grenoble.

Voici la présentation de la soirée :

"Manifestations empêchées, dispositifs policiers démesurés, provocations policières, humiliations, perquisitions, gardes à vue, comparutions immédiates, gazages et matraquages systématiques, évacuations violentes, nassages, tirs tendus de LBD ou Flash-ball et de grenades de désencerclement, et plus de 5 500 interpellations, avec pour résultat près de 2 700 blessé·es, certain·es mutilé·es, de très nombreuses détentions préventives, plus de 1 000 condamnations, dont de nombreuses très lourdes.

Cette répression et cette criminalisation visent des gilets jaunes, mais aussi des lycéen·nes, des habitant·es des quartiers populaires, des sans-papiers et réfugié·es, des étudiant·es, des sans-logis, des syndicalistes, des humanitaires, des militant·es du mouvement social et environnemental, comme à Bure (perquisitions, saisies de matériels personnels).

La nouvelle loi proposée par le gouvernement récemment votée, porte de lourdes menaces sur des libertés fondamentales. Après avoir introduit dans le droit commun certaines pratiques propres à l’état d’urgence, ce gouvernement franchit un cap en conditionnant le droit de manifester à une autorisation préalable, en contrôlant l’accès aux manifestations (interdiction de manifester, assignation à résidence, fouilles et palpations à l’entrée des manifestations), en fichant les manifestant·es hors de tout contrôle judiciaire.

De plus l’État rendrait tout manifestant responsable des dégradations, même commises par d’autres... Le principe selon lequel le droit de manifester est la règle et son interdiction l’exception, se trouve ainsi renversé. C’est une fuite en avant autoritaire et policière face à des revendications qui persistent pour plus de respect et plus de justice économique, sociale et environnementale.

Ensemble, exigeons :

- L’arrêt immédiat de la criminalisation de l’action syndicale, humanitaire, environnementale ou associative et de celle des gilets jaunes
- L’abrogation du projet de loi "répression" de Macron-Philippe-Retailleau contre le droit de manifester et des lois liberticides qui ont banalisé l’état d’urgence
- L’abandon des poursuites et l’amnistie des manifestant·es et des militant·es condamné·es
- La fin de l’impunité des violences policières et la recherche des responsabilités à tous les niveaux de la chaîne de commandement
- L’interdiction des armes mutilantes dites "intermédiaires" (Flash-ball, grenades de désencerclement ou assourdissantes)
- Une prise en compte des revendications démocratiques, sociales, fiscales et environnementales portées par les mouvements populaires.

Premiers signataires : CGT, CIIP, CNT, CSRA, EELV, Ensemble, La FI, FSU, JC, LDH, Ligue des Femmes pour la Paix et la Liberté, NPA38, PCF38, PG 38, Réseau de lutte contre le fascisme (RLF) Isère, SAF, Solidaires, Sortir du nucléaire Isère, UNEF, UNL..."

À 19h30

Maison de l’avocat
45 rue Pierre Semard
Grenoble

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