3 nouveaux portraits de Macron décrochés

25/06/2019

Ce mercredi 26 juin, pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à l’urgence climatique et sociale, 9 militant-e-s d'Action Non Violente-COP 21 se sont emparé-e-s de 3 portraits officiels du président Macron dans les mairies de Biviers, Bernin et Le Versoud.

Suite à cette action, quatre activistes ont été placés en garde à vue, dont un, Olivier, est convoqué le 6 décembre au tribunal pour tentative de vol en réunion et refus de prélèvement d’ADN.

Depuis février, des actions identiques ont été menées un peu partout en France, avec déjà plus de 80 portraits "réquisitionnés", dont un portrait à Poisat en avril.

En réaction, le gouvernement a décidé de porter systématiquement plainte pour vol en réunion : 10 procès sont déjà prévus, 61 personnes ont été placées en garde à vue, 50 perquisitions ont été menées. Le BLAT (Bureau de Lutte Anti-Terroriste) a été saisi.

Rappelons que suite à l'action de Poisat, dix militant-e-s ont été placé-e-s en garde à vue, dont neuf perquisitionné-e-s. Mais le portrait de Poisat n'a pas été trouvé... Et samedi 15 juin, les activistes d'Action Non Violente-COP 21 ont brandi ce fameux portrait au barrage de Saint-Egrève, pour soutenir la manifestation contre la privatisation des concessions hydroélectriques.

Par le geste du décrochage, les activistes d'Action Non Violente-COP 21 dénoncent le fait que la France décroche des objectifs de la COP21. En laissant un vide à la place du portrait présidentiel, ils dénoncent le vide de la politique climatique menée par Emmanuel Macron.

L’objectif de la campagne Décrochons Macron est désormais de rassembler 125 portraits, 125, comme le nombre de jours qu’il a suffi à la France pour dépasser son empreinte écologique. Ces portraits seront ressortis fin août pendant le G7 à Biarritz, pour dénoncer devant les journalistes du monde entier le vide de la politique climatique d’Emmanuel Macron.

Pour épauler les militant-e-s d'ANV COP 21, un comité de soutien et une cagnotte s'organisent.

Voici quelques photos de l'action menée le mercredi 26 juin :

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Pour rappel, voici le Communiqué et des photos expliquant l'action de Poisat en avril dernier :

"Loin de se laisser intimider par les ministres Bruno Le Maire, Franck Riester et Sébastien Lecornu, qui ont condamné les actions de réquisition menées le jeudi 21 février à Paris, Lyon, Biarritz et Ustaritz, les militants restent déterminés à dénoncer l'inaction d'un président Macron se contentant de beaux slogans et de grands débats face à l'urgence climatique et sociale.

Brandissant des banderoles où l'on pouvait lire « Climat, justice sociale : où est Macron ? » ou encore « Climat, justice sociale, sortons Macron ! », les militants répondent ainsi à l'appel lancé pour généraliser de telles actions de réquisition sur la France entière.

En réaction à la réponse du gouvernement concernant l'Affaire du siècle - action en justice contre l'État français pour inaction face au dérèglement climatique signée par plus de 2 millions de personnes - 12 militants d'Action Non Violente-COP 21 ont réquisitionné le portrait officiel du président Macron, dans la mairie de Poisat.

Jugée inacceptable par les militants d'ANV-COP21, cette réponse confirme en effet qu'il n'y aura aucun changement de cap de la part du gouvernement français en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Il se satisfait des petits pas conduisant notre planète à devenir une étuve.

« Ce décalage permanent entre les slogans de type Make our planet great again et les actes réels ne sont plus supportables » affirme Albin Dubanchet, un des activistes ayant participé à la réquisition : « Avec une taxe carbone socialement injuste et dont la majorité des recettes n'étaient pas affectées à la transition écologique, le président Macron a détourné un outil, qui devrait être au service de la transition énergétique et de la solidarité nationale, pour payer les cadeaux fiscaux qu'il a fait à ses riches amis. Il a voulu nous enfermer dans un grand débat alors que ce qu'on lui demande c'est d'agir immédiatement et massivement contre un péril décrit depuis des décennies par les scientifiques ».

Pour les militants climat, nul besoin de nouvelles consultations ou procédures de débat pour savoir ce qu'il faut faire : réduire radicalement et tout de suite les émissions de gaz à effet de serre au lieu de les augmenter comme ce qui se passe actuellement en France.



 Laisser les énergies fossiles dans le sol au lieu d'autoriser Total à explorer pour en trouver de nouvelles, mettre en place des politiques d'économies d'énergie et de transfert sur des mobilités douces ou ferroviaires au lieu de continuer à faire des autoroutes comme l'A480 et à booster le transport aérien, partager les richesses et lutter contre l'obsolescence programmée au lieu de produire toujours plus, préserver les terres de la bétonisation au lieu d'autoriser le centre commercial Neyrpic à Saint Martin d'Hères.

Pour Albin Dubanchet, « Quand il s'agit de défendre les symboles de son autorité, le gouvernement fait preuve d'une remarquable réactivité, et encourage la répression par des circulaires nationales : sur 30 réquisitions de portrait, 23 militants ont été placés en garde à vue, 17 perquisitions de domicile ont eu lieu et 20 militants sont aujourd'hui convoqués au tribunal.
Quand il s'agit par contre de défendre les conditions de vie des générations futures, de respecter les objectifs de l'Accord de Paris et entendre les millions de citoyens qui se révoltent contre l'injustice climatique, sociale et fiscale il reste de marbre.

Il défend des symboles, nous défendons la vie !

Notre détermination ne faiblit pas et nous sommes nombreux à mettre en jeu notre responsabilité pénale lors d'actions non-violentes qui appellent les dirigeants politiques à leur propre responsabilité.

 Nous avons décidé de « sortir » le président Macron pour lui faire voir le dérèglement climatique et l'extinction de la biodiversité en cours d'accélération, pour lui faire entendre les clameurs des gens en colère.

Il faut généraliser ces actions et laisser dans chaque mairie ce vide illustrant si bien sa politique réelle face au péril climatique et à l'urgence sociale. Nous ferons de chaque procès, le procès de l'inaction climatique du gouvernement »."