Médias : Le PDG du Dauphiné Libéré en procès

10/03/2021

Le 4 novembre 2021, Christophe Tostain, le PDG du Dauphiné Libéré, sera convoqué au Tribunal correctionnel de Grenoble pour des violences sur sa compagne. Celle-ci accuse Christophe Tostain de l'avoir frappée le 14 février dernier. (1)

Rappelons que le 2 mai 2019 (l'information avait peu circulé dans les médias), le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Christophe Tostain à 6 mois de prison avec sursis et 4 000 euros d'amende pour violence sur sa conjointe et outrages sur des gendarmes.

Lors du procès, Christophe Tostain, qui dirige le journal depuis 2013, avait avoué avoir frappé sa conjointe et avoir menacé des gendarmes, en particulier par cette phrase : "Sales cons, je connais le Colonel X. Je vais vous faire monter en enfer". (2)

La condamnation de Christophe Tostain avait suscité de vives indignations, en particulier au sein de la rédaction du Dauphiné Libéré (qui avait pourtant bien peu communiqué sur cette affaire).

Après cette condamnation en 2019, Christophe Tostain avait-il été démis de ses fonctions ? Non. Suite à cette nouvelle accusation, est-ce le cas ? Non, mais il est suspendu jusqu'à nouvel ordre et remplacé par le président du groupe EBRA, le principal actionnaire du Dauphiné Libéré.

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À propos du Dauphiné Libéré

Chaque jour, lorsque nous lisons le Dauphiné Libéré, l'équipe d'ici Grenoble ressent de la colère.

Pourquoi ?

Parce que le Dauphiné Libéré renforce l’ordre établi : le journal relaie la plupart du temps les informations fournies par la police, la mairie, le Conseil départemental, la Métro, la Chambre de commerce et d’industrie, la fédération de chasse, la FNSEA, le Commissariat à l’énergie atomique et les principales entreprises de l’agglomération.

Rares sont les articles critiques vis-à-vis du pouvoir en place. Rares sont les enquêtes fouillées sur des faits de corruption, d’escroqueries ou d’abus de pouvoir dans les milieux politiques et économiques locaux. Dans un contexte de crises sociale et climatique, rares sont les réflexions critiques sur le système capitaliste, le consumérisme, l’idéologie du progrès technique, les alternatives possibles, les initiatives subversives menées en Isère.

Au contraire, le Dauphiné Libéré entretient la peur et l’idéologie sécuritaire : ses Unes et ses pages principales focalisent souvent l’attention sur les faits divers les plus sordides et sanglants de l’Isère. Ces évènements sont généralement présentés sous un jour arbitraire et imprévisible. Leurs causes sont peu explicitées et analysées. L’information est centrée sur son caractère spectaculaire et émotionnel.

Par ces choix, le Dauphiné Libéré renforce l’impression de vivre dans un monde brutal, dangereux, nécessitant toujours plus de surveillance et de répression policière. À nos yeux, insidieusement et quotidiennement, ce journal alimente les idées de droite et d'extrême droite.

Chaque jour, quand nous lisons le Dauphiné Libéré, nous mesurons à quel point l'agglomération grenobloise manque d'une presse quotidienne et locale à la hauteur des enjeux politiques, sociaux et climatiques actuels...

L'équipe d'ici Grenoble

P.S : Pour une réflexion critique sur la Presse Quotidienne Régionale en France et les médias de manière générale, nous vous recommandons le site ACRIMED.

(1) Dauphiné Libéré, 9 mars 2021

(2) Place Grenet, 14 mai 2019

Photo : DR