Sept suspens de l'année 2020 à Grenoble

03/01/2010

À Grenoble, cette année 2020 s'annonce pleine de suspens politique...

En voici au moins sept :

1. La rentrée sociale sera-t-elle explosive ?

La lutte contre la réforme des retraites et la "présidence des ultra-riches" va-t-elle s'amplifier ou s'essoufler ? Face aux déferlantes néolibérales depuis 2017 (loi travail, baisse de la fiscalité pour les plus riches, dégradation de l'assurance-chômage, loi SNCF, loi Blanquer, privatisations, durcissement des politiques migratoires, accord CETA...), va-t-on enfin vivre cette année une convergence des luttes victorieuse, comme lors des grandes grèves de 1995 ?

D'autres formes de luttes inédites vont-elles surgir, à l'image des Gilets Jaunes en 2018 ?

Rappelons que l'intersyndicale appelle à trois journées de luttes les 9, 10 et 11 janvier.

2. Qui va remporter la mairie de Grenoble ?

Éric Piolle va-t-il se maintenir au pouvoir en 2020 ? Ou céder la place à Émilie Chalas de LREM et Olivier Noblecourt du "LREM-PS" (qui feront probablement alliance bientôt) ? Ou, honte suprême, Alain Carignon va-t-il redevenir maire ? Quelques semaines avant l'élection, des événements locaux ou nationaux exceptionnels (attentat, catastrophe climatique, scandale politique...) vont-ils infléchir les votes ? Que va-t-il se passer dans les autres communes de la Métro ?

Rappelons qu'en 2014, sur environ 157 000 Grenoblois-es, seulement 84 819 étaient inscrites sur les listes électorales. Au second tour, 19 677 ont voté pour la liste Piolle (23,2 % des personnes inscrites), 13 496 pour Safar du PS (15,9 %), 11 795 pour Chamussy des Républicains (13,9 %) et 4 193 pour le Front National (4,9 %). 34 734 personnes n’ont pas voté (40,95 %).

3. Que vont devenir les luttes "pour le Climat" ?

À Grenoble, les Marches pour le Climat ont connu un succès exceptionnel. Après une année 2019 qui s'annonce comme la plus chaude jamais mesurée sur Terre et des scénarios d'emballement climatique de plus en plus crédibles, la mobilisation va-t-elle reprendre ? Que va devenir le mouvement lycéen Fridays for Future Grenoble ? Le nouveau collectif Extinction Rebellion Isère va-t-il prendre de l'ampleur ? Les Cafés Collapsologie vont-ils monter en puissance ? De nouveaux groupes de luttes écologistes radicales vont-ils naître ?

Et surtout, ces luttes généralistes vont-elles se concrétiser par des engagements précis et locaux, par exemple contre l'élargissement de l'A480, le méga-centre commercial Neyrpic ou le déploiement de la 5G, trois luttes écologistes qui peinent à recruter des militant-e-s ?

Rappelons qu'à Grenoble, une nouvelle Marche Climat est prévue le samedi 1er février.

4. Comment vont évoluer les luttes pour le droit au logement ?

À nos yeux, le mouvement politique le plus dynamique de l'agglomération depuis trois ans est l'association Droit Au Logement Isère. Avec le Front contre les expulsions, ces luttes réussissent à rassembler des personnes de tout âge, de tout horizon social et politique, avec des actes de convergence, d'entraide et de créativité impressionnants. Cet élan va-t-il se poursuivre en 2020 ? De nouvelles communes vont-elles notamment signer des arrêtés anti-remise à la rue ?

5. Qu'est-ce qui va brûler ?

Après le CCSTI, 11 véhicules d'Enedis, plusieurs bâtiments et véhicules de la gendarmerie de Grenoble puis de Meylan en 2017 ; du matériel de chantier carcéral de la société Eiffage en 2018 ; les locaux de France Bleu Isère, 8 véhicules EDF, l'Église Saint-Jacques et la salle du conseil municipal de la mairie de Grenoble en 2019, de nouveaux "incendies politiques" vont-ils s'organiser dans l'agglomération en 2020 ?

Les moyens discrets mais exceptionnels (filatures, écoutes, infiltrations, profilages...) déployés par le Ministère de l'intérieur pour retrouver les coupables vont-ils aboutir à des procès retentissants ? Après la grande journée de perquisitions et d'arrestations du 26 novembre, comment la répression policière va-t-elle se poursuivre ? Quelles seront les conséquences à court et moyen terme sur les milieux contestataires de l'agglomération ?

6. Qu'est-ce qui va naître ?

Quelles seront les nouvelles associations, les nouveaux lieux, les nouveaux collectifs engagés dans l'agglomération cette année ? Certaines créations feront-elles écho à notre rubrique Rêvons un peu ?

7. Le référendum contre la privatisation des aéroports de Paris va-t-il avoir lieu ?

Ce n'est pas une question locale, mais elle intéresse des milliers de Grenoblois-es : d'ici mars 2020, la fameuse pétition contre la privatisation des aéroports de Paris doit dépasser les 4,7 millions de signatures pour déclencher un référendum. Ce défi politique sera-t-il atteint ? Début janvier, près d'un million de signatures étaient déjà enregistrées.

Rappelons que pour l'instant, la pétition la plus populaire de l'histoire de France, L'Affaire du siècle, a réuni 2,3 millions de signatures. La pétition contre les pesticides de synthèse (Nous voulons des coquelicots) a dépassé le million.

* * *

Quelles seront les réponses à toutes ces questions, et à bien d'autres ?

À suivre... sur ici Grenoble !