7 réponses aux 7 suspens de la Rentrée grenobloise

03/09/2019

C'est la Rentrée... À Grenoble, cette saison 2019-2020 s'annonce pleine de suspens politique.

En voici au moins sept :

1. La rentrée sociale sera-t-elle explosive ?

À Grenoble comme ailleurs, les luttes des Gilets Jaunes vont-elles repartir ou s'essouffler ? D'autres formes de luttes inédites vont-elles surgir ? La nouvelle réforme des retraites (finalement repoussée d'un an) ou une autre annonce-choc du gouvernement va-t-elle déclencher un mouvement social de grande ampleur ?

Face aux offensives néolibérales depuis 2017 (loi travail, baisse de la fiscalité pour les plus riches, loi SNCF, loi Blanquer, dégradation de l'assurance-chômage, durcissement des politiques migratoires, accord CETA...), va-t-on vivre cette année une convergence des luttes victorieuse, comme lors des grandes grèves de 1995 ?

Info agenda : pour soutenir des Gilets Jaunes interpellé-e-s le 1er mai à Grenoble et s'organiser pour les prochains mouvements sociaux, le nouveau Collectif Anti-Répression Isère organise une Semaine contre la répression du 10 au 16 septembre.

2. Qui va remporter la mairie de Grenoble ?

Éric Piolle va-t-il se maintenir au pouvoir en 2020 ? Ou céder la place à Émilie Chalas de LREM ? Ou, honte suprême, Alain Carignon va-t-il redevenir maire ? Une autre liste va-t-elle créer la surprise ? Quelques semaines avant l'élection, des événements locaux ou nationaux exceptionnels (attentat, catastrophe climatique, scandale politique...) vont-ils infléchir les votes ? Que va-t-il se passer dans les autres communes de la Métro ?

Rappelons qu'en 2014, sur environ 157 000 Grenoblois-es, seulement 84 819 étaient inscrites sur les listes électorales. Au second tour, 19 677 ont voté pour la liste Piolle (23,2 % des personnes inscrites), 13 496 pour Safar du PS (15,9 %), 11 795 pour Chamussy des Républicains (13,9 %) et 4 193 pour le Front National (4,9 %). 34 734 personnes n’ont pas voté (40,95 %).

3. Que vont devenir les luttes "pour le Climat" ?

À Grenoble, les Marches pour le Climat ont connu un succès exceptionnel. Après un été qui s'annonce comme le plus chaud jamais mesuré sur Terre et des scénarios d'emballement climatique de plus en plus crédibles, la mobilisation va-t-elle reprendre ? Que vont devenir les mouvements lycéens Fridays for Future et Youth for Climate Grenoble ? Le nouveau collectif Extinction Rebellion Isère va-t-il prendre de l'ampleur ? Les Cafés Collapsologie vont-ils monter en puissance ? De nouveaux groupes de luttes écologistes radicales vont-ils naître ?

Et surtout, ces luttes généralistes vont-elles se concrétiser par des engagements précis et locaux, par exemple contre l'élargissement de l'A480, le méga-centre commercial Neyrpic ou le déploiement de la 5G, trois luttes écologistes qui peinent à recruter des militant-e-s ?

Info agenda : Fridays For Future Grenoble organise un Walk For Future le 20 septembre au départ de la gare de Grenoble. Une Marche pour le Climat s'organise également le samedi 21 septembre, à 14h au départ de la Tour Perret.

Parallèlement, un collectif inter-associatif (Extinction Rebellion Isère, Fridays for Future, Youth For Climate, Alternatiba, Greenpeace, Neyrpic Autrement, Alternative A480, Café Collap’s et bien d'autres) prépare en ce moment même une grande semaine de mobilisations pour le Climat du 20 au 28 septembre à Grenoble. Plus d"infos prochainement.

4. Comment vont évoluer les luttes pour le droit au logement ?

À nos yeux, le mouvement politique le plus dynamique de l'agglomération depuis trois ans est l'association Droit Au Logement Isère. Avec le Front contre les expulsions, ces luttes réussissent à rassembler des personnes de tout âge, de tout horizon social et politique, avec des actes de convergence, d'entraide et de créativité impressionnants. Cet élan va-t-il se poursuivre ? De nouvelles communes vont-elles notamment signer des arrêtés anti-remise à la rue ?

5. Qu'est-ce qui va brûler ?

Après le CCSTI, 11 véhicules d'Enedis, plusieurs bâtiments et véhicules de la gendarmerie de Grenoble puis de Meylan en 2017, du matériel de chantier carcéral de la société Eiffage en 2018, les locaux de France Bleu Isère et 8 véhicules EDF en 2019, de nouveaux "incendies politiques" vont-ils s'organiser dans l'agglomération ?

Les moyens discrets mais exceptionnels (filatures, écoutes, infiltrations, profilages...) déployés par le Ministère de l'intérieur pour retrouver les coupables vont-ils aboutir à des procès retentissants ? Comment la répression policière va-t-elle se déployer ? Quelles seront les conséquences sur les milieux contestataires de l'agglomération ?

6. Qu'est-ce qui va naître ?

Quelles seront les nouvelles associations, les nouveaux lieux, les nouveaux collectifs engagés dans l'agglomération cette année ? Certaines créations feront-elles écho à notre rubrique Rêvons un peu ?

7. Le référendum contre la privatisation des aéroports de Paris va-t-il avoir lieu ?

Ce n'est pas une question locale, mais elle intéresse déjà des milliers de Grenoblois-es : d'ici mars 2020, la fameuse pétition contre la privatisation des aéroports de Paris doit dépasser les 4,7 millions de signatures pour déclencher un référendum. Ce défi politique sera-t-il atteint ? Mi-septembre, plus de 750 000 signatures étaient déjà enregistrées.

Rappelons que pour l'instant, la pétition la plus populaire de l'histoire de France, L'Affaire du siècle, a réuni 2,3 millions de signatures. La pétition contre les pesticides de synthèse (Nous voulons des coquelicots) a dépassé les 830 000.

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Quelles seront les réponses à toutes ces questions, et à bien d'autres ?

À suivre... sur ici Grenoble !