Plate-forme chimique de Pont-de-Claix

Industries chimiques

Vue de loin, la plate-forme chimique de Pont-de-Claix est un impressionnant enchevêtrement de tuyaux, de câbles et de cheminées. Face à cet immense complexe industriel, il est bien difficile d’imaginer ce qui y est fabriqué : qui produit quoi ? Comment ? Pour quels usages ? Voici des réponses précises, à partir d’informations glanées en 2011 :

La société suédoise Perstorp produit du Toluène diisocyanate (TDI), des tolonates, du hexaméthylène diisocyanate (HDI), du chlore, de la soude et de l’acide chlorhydrique. Le tolulène diisocyanate (TDI) : environ 100 000 tonnes sont produites par an et vendues en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient ; elles servent à fabriquer des mousses polyuréthanes (sièges de voiture, matelas, meubles…). Tolonates et hexaméthylène diisocyanate (HDI) : environ 35 000 tonnes sont produites par an ; elles servent à fabriquer des peintures et vernis haut de gamme pour le marché européen (automobiles, avions, trains, BTP, industries…). Le chlore : environ 120 000 tonnes sont produites par an, dont plus de 100 000 tonnes pour produire du TDI et du HDI ; environ 15 000 tonnes de chlore liquide sont vendues et transportées par wagon pour le marché de l’eau et des médicaments. La soude : elle est vendue pour les marchés du bâtiment, de la santé, de l’industrie et de la chimie. L’acide chlorhydrique : environ 100 000 tonnes sont vendues par an, pour l’industrie des silicones, la métallurgie ou la pharmacie. Pour produire ces substances chimiques, Perstorp utilise de grandes quantités d’électricité et de gaz naturel, et importe du monoxyde de carbone, de l’oxygène, de l’azote, du toluène et du sel. Le sel est acheminé sous forme de saumure par un pipeline de 85 km reliant Pont-de-Claix à une exploitation de sel basée à Hauterives, dans la Drôme. Le site de production rassemble environ 550 personnes. Il est classé Seveso 2 seuil haut.

La société états-unienne Novacid stocke et commercialise de l’acide chlorhydrique. Environ 150 000 tonnes sont vendues chaque année pour la fabrication de produits pharmaceutiques, de gélatine pour bonbons, d’aspartame, pour le décapage en sidérurgie ou encore le traitement des effluents. Novacid produit également du chlorure de calcium, environ 12 000 tonnes par an pour fabriquer des adjuvants pour béton, pour le salage des routes, ou pour fabriquer des additifs alimentaires. Le site de production rassemble environ 8 personnes.

La société états-unienne et suédoise Ferracid produit du chlorure ferrique. Plusieurs dizaines de milliers de tonnes sont vendues chaque année pour fabriquer des coagulants minéraux utilisés dans le traitement des eaux usées et des eaux potables. Le site de production rassemble environ 5 personnes.

La société française Air Liquide produit du monoxyde de carbone et de l’hydrogène. Le monoxyde de carbone est vendu à la société Perstorp, pour produire du TDI et du HDI. L’hydrogène est vendu à la société Rhodia Energy. Le site de production rassemble environ 26 personnes.

La société française Alpasel produit des pastilles de sel. Celles-ci, plusieurs centaines de tonnes par an, sont utilisées pour les adoucisseurs d’eau ou pour les piscines. Le site de production rassemble environ 5 personnes.

La société allemande Isochem, qui a en partie fermé en 2016 (reprise en 2018 par Extracthive) produisait essentiellement des pesticides : environ 2000 tonnes par an de fosetyl, un fongicide utilisé pour la vigne et les arbres contre le mildiou et l’oïdium, fabriqué pour la multinationale Bayer et destiné au marché européen ; environ 1000 tonnes par an d’oxadiazon, un désherbant pour le riz et le gazon [NdA : Cette production est peut-être arrêtée depuis 2012, information à vérifier]. Environ 500 tonnes par an de diuron, un désherbant pour grandes cultures. Environ 100 tonnes par an de chlorpropham, pour l’anti-germination des pommes de terre, un produit non utilisé en France mais encore utilisé aux États-Unis et en Grande Bretagne. Pour fabriquer ces pesticides, la société Isochem utilisait de l’hydrogène, de la soude, du sulfate d’aluminium, du trichlorure de phosphore, des amines et du phosgène. Le phosgène est un gaz ultra-toxique à l’air ambiant qui fait partie de la classe des armes chimiques et des gaz de combat. Depuis l’explosion d’AZF Toulouse en 2004, c’est Pont-de-Claix qui a été choisi pour accueillir l’unique site français de production de ce gaz. Isochem produit également du toluène diisocyanate (TDI) raffiné, environ 10 000 tonnes par an, pour produire des mousses d’ameublement et de la peinture haute résistance. Le site de production rassemblait environ 90 personnes. Il était classé Seveso 2 seuil haut.

Par ailleurs, pour alimenter en éthylène la plate-forme chimique, une conduite relie sur des centaines de kilomètres et 80 centimètres de profondeur le Rhone au Pont-de-Claix. Le gaz éthylène est particulièrement inflammable au contact de l'air. Un test en cas d'explosion de la canalisation a été organisé à Seyssins le 19 mars 2013. Le résultat était semble-t-il assez peu concluant : "On ne savait pas d’où devait arriver l’alerte. Il y a eu pas mal de flottements au départ [...] Si c’était la réalité, combien de victimes aurait-il pu y avoir dans le laps de temps où l’on cherchait l’information ?" s’interrogeait le maire. Pour le directeur des pipelines de Total : "Le risque [d’explosion] n’est pas nul. Une canalisation de transport, ça peut fuir, c’est très rare mais ça arrive" (source : Dauphiné Libéré , 20/03/2013).

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