Le Stade des Alpes

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Inauguré en 2008, le stade des Alpes accueille des compétitions de football, de rugby, des concerts ou des spectacles. D’une capacité de 20 000 places extensible à 25 000, il appartient à la Métro, la communauté de communes de l’agglomération grenobloise. Sa construction a coûté près de 75 millions d’euros aux collectivités locales.

Le stade dispose de sept salons de réception, d’une salle de presse, de seize loges privées et de 83 caméras de surveillance disséminées à l’intérieur et aux abords du stade. Il est situé à cheval sur l’ancien stade Charles Berty et sur une partie du parc Paul Mistral.

À l’automne 2012, la gestion du stade des Alpes a été confiée à l’entreprise privée Carilis et à sa filiale Sogestal, en délégation de service public (DSP). En 2015, l'entreprise Carilis a été absorbée par la multinationale Vinci. Chaque année, la Métro verse près d'1,4 millions d'euros d'argent public à Sogestal, et ce jusqu’à fin octobre 2020. (Source : ADES, 08/01/16)

Décidée au printemps 2001 par la mairie de Grenoble et la Métro, la construction du stade des Alpes a suscité une vive opposition. Voici un aperçu des événements qui "secouèrent" Grenoble de 2001 à 2004 :

En juin 2001 se créait l’association SOS Parc Paul Mistral, regroupant environ 500 adhérent-e-s. De 2001 à 2004, cette association a organisé de nombreuses campagnes d’informations contre le stade, recueillant plus de 10 000 signatures pour un stade "moins cher, moins grand et ailleurs". SOS Parc Paul Mistral a également lancé plusieurs recours juridiques pour dénoncer des irrégularités techniques et administratives.

Parallèlement, de novembre 2003 à février 2004, pour bloquer le chantier du stade, plusieurs dizaines de personnes ont construit et occupé des cabanes dans les arbres menacés du parc Paul Mistral. Ils ont été violemment expulsés par les forces de police en février 2004. Un mois plus tôt, 4500 personnes manifestaient contre le stade dans les rues de Grenoble.

Les raisons pour lesquelles de nombreuses personnes se sont mobilisées contre la construction du stade des Alpes peuvent se résumer ainsi :

  • « Le stade des Alpes a détruit une partie du parc Paul Mistral » : empiétant sur une partie du parc, la construction du stade a nécessité l’abattage de trois cents arbres, dont certaines essences rares et centenaires. Cette décision d’une mairie à majorité PS-Verts a été prise dans une ville parmi les plus polluées de France, où les surfaces d’espaces verts par habitant-e sont déjà particulièrement faibles comparées à la plupart des grandes villes françaises.
  • « Le stade des Alpes a été décidé sans réel débat public et démocratique » : noyée parmi de nombreuses promesses électorales lors de la réélection du maire Michel Destot en 2001, la construction du stade n’a pas réellement fait l’objet d’une large concertation publique. Seuls le conseil municipal, le conseil de la Métro et les représentants des trois unions de quartiers riverains du parc ont été consultés, dans une ville où la mairie se vantait d’être un modèle de démocratie participative.
  • « Le stade des Alpes constitue un gâchis d’argent public » : en mai 2001, le budget voté pour la construction du stade et du parking souterrain avoisinait les 30 millions d’euros. En 2003, ce budget grimpait à 55 millions d’euros, suite à une erreur dans l’étude des sols et la nécessité de construire des fondations plus profondes. Dans le même temps, la capacité du stade passait de 30 000 à 20 000 places, celle du parking sous le stade de 1 000 à 480 places. En 2008, le coût final du chantier avoisinait les 75 millions d’euros. Chaque année, l'entretien du stade absorbe plus d'un million d'euros de subventions publiques. Ces sommes colossales représentent autant de dépenses publiques en moins pour d’autres chantiers vitaux, en particulier ceux du logement social, secteur en crise dans l’agglomération.
  • « Le stade Lesdiguières était suffisant pour le football grenoblois » : le stade des Alpes a été présenté comme une condition indispensable pour que le GF38 puisse évoluer en Ligue 1, selon le règlement imposé par la Ligue de Football Professionnelle. De fait, depuis sa création en 1997, le GF38 n’a évolué dans cette catégorie que de 2008 à 2010. Il est depuis 2012 relégué en championnat de France amateur, après la liquidation judiciaire de sa structure professionnelle.
  • « Le stade des Alpes utilise des fonds publics à des fins privées » : en 2004, le groupe japonais Index Corporation, fournisseur de composants et de contenus pour téléphones mobiles (sonneries, fonds d’écran, vidéos, jeux, horoscopes…), avait pris le contrôle du club grenoblois en rachetant les actions détenues par la mairie. La création du stade des Alpes a constitué un cadeau de choix pour les investisseurs privés. Par ailleurs, le tarif demandé par la Métro au GF38 pour la location du stade (quelques centaines de milliers d’euros) est inférieur au coût élevé de maintenance du stade (estimé à plusieurs millions d’euros par an). 

Pour en savoir plus sur le stade des Alpes et le mouvement d’opposition qu’il a soulevé, nous vous recommandons le texte Le stade des Alpes n’aura pas lieu et l'article du journal Le Postillon Si on rasait le stade des Alpes.

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