Aquapôle

Station d'épuration de l'agglomération grenobloise

Lorsque nous prenons une douche, lorsque nous lavons notre vaisselle, lorsque nous tirons la chasse d’eau, il y a de fortes chances pour que nos eaux usées aboutissent à la station Aquapôle. Depuis 1989, celle-ci recueille la quasi-totalité des eaux domestiques, pluviales et industrielles de l’agglomération grenobloise (54 communes, environ 475 000 habitant-e-s). Chaque jour, entre 200 000 et 400 000 mètres cubes d’eaux usées entrent dans la station où des systèmes complexes de grilles, de bassins de décantation, de zones de nitrification et de floculation tentent de dépolluer au maximum les eaux usées avant de les rejeter dans l’Isère.

Ce système de dépollution des eaux constitue en réalité un système de déplacement de la pollution : la pollution extraite des eaux usées est concentrée sous forme de boues. La majeure partie de ces boues est incinérée, ce qui produit des cendres chargées de métaux lourds stockées en décharge, et des fumées chargées de particules fines et toxiques. Par ailleurs, l’usine consomme pour son fonctionnement de grandes quantités d’électricité et de nombreux produits chimiques. Enfin, les eaux rejetées dans l’Isère restent encore polluées.

Depuis 2015, une partie des boues est méthanisée à des fins énergétiques. Le biométhane produit est injecté dans le réseau GRDF de la commune du Fontanil-Cornillon. L'objectif est de produire 90% du gaz consommé par la commune (pour environ 2500 familles), soit environ 22GWh/an, dont 5GWh pour alimenter le four d'incinération de la station (l'équivalent de 350 000 m3 de fuel/an). Ce chantier est réalisé par les entreprises GEG et Degrémont, filiale de Suez Environnement.

Depuis 2014, la station Aquapôle est gérée en régie par la Métro. Elle était jusqu'ici gérée en délégation de service public par une filiale de Veolia (ex Vivendi - Générale des Eaux). Ce contrat de délégation, signé à l’époque où Alain Carignon était le maire de Grenoble, était particulièrement lucratif pour la multinationale Veolia. Officiellement, de 1989 à 2014, à de rares exceptions près, les rejets de la station Aquapôle dans l'Isère étaient conformes aux normes en vigueur. Cependant, les chiffres fournis étaient, pour l’essentiel, issus d’un laboratoire d’analyses contrôlé par Veolia.

Le coût d'exploitation d'Aquapôle serait de 8 à 10 millions d'euros par an.

Pour une critique approfondie de la gestion des eaux usées en France par la Générale des Eaux (Veolia), la Lyonnaise des Eaux et les autres opérateurs privés (problèmes de corruption, de tricheries sur la qualité du service, de surfacturation des services fournis, etc. ), nous vous recommandons le livre L’eau des multinationales, de Roger Lenglet et Jean-Luc Touly, aux éditions Fayard.

Nous vous recommandons également ces révélations d'un ancien ingénieur dans le traitement des eaux en Rhône-Alpes : La face cachée d'une usine de dépollution des eaux.

Sources : Dauphiné Libéré, 24/05/14, 25/09/16

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