J'aimerais en savoir plus sur l'affaire ''Marie-Christine Tardy''.

De 2001 à 2015, Marie-Christine Tardy était la Maire de Meylan, membre du parti Les Républicains (ex UMP).

En juillet 2013, elle a été placée en garde à vue, puis convoquée en février 2016 par le tribunal correctionnel de Grenoble pour "prise illégale d'intérêt". Son mari Michel Tardy, architecte, a été également convoqué pour "recel de prise illégale d'intérêt". La plainte initiale a été déposée par le premier adjoint de Marie-Christine Tardy, Michel Bernard, qui souhaitait se présenter à la mairie de Meylan en 2014, mais avait retiré ensuite sa candidature étant donné le contexte.

L'affaire porte sur des opérations immobilières à Meylan entre 2007 et 2012 (Résidence Berlioz-Schneider et Résidence Berlioz-Brancourt) pour lesquelles la ville de Meylan a versé environ 1,2 millions d'euros de subventions. Pour ces programmes, le cabinet d'architecte du mari de la maire est intervenu en sous-traitance d'un autre cabinet, opacifiant ainsi la destination réelle des fonds.

Marie-Christine Tardy et son mari ont toujours nié les faits. L'élue affirme qu'elle ne pouvait favoriser son mari architecte car elle ne savait pas qu'il travaillait sur sa commune. L'époux tient la même ligne de défense, affirmant qu'il n'a jamais parlé de ses projets à sa femme.

En septembre 2015, Marie-Christine Tardy a démissionné de son poste de maire, officiellement pour des raisons de santé. En janvier 2016, elle a démissionné de son poste de conseillère municipale et de conseillère à la Métro.

Le procès s'est déroulé le 9 février 2016. Face aux multiples accusations, Marie-Christine Tardy a affirmé, comme elle le fait depuis que l'affaire a éclaté en 2013, qu'elle ne savait pas que son mari travaillait sur sa commune : "Nous ne parlions jamais des affaires professionnelles avec mon mari".

S'appuyant sur des écoutes téléphoniques et l'enquête de la brigade financière de Grenoble, le représentant du Ministère public a démonté cette ligne de défense, décrivant le couple Tardy comme "Les petits Balkany du Grésivaudan''. Il les a accusé de "mauvaise foi permanente qui confine au cynisme", de "partialité sans complexe" et de "népotisme". Il a requis deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d'amende, cinq ans de privation de droits civiques et l'inéligibilité à vie pour l'ancienne maire de Meylan ; un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour son mari

En avril 2016, le Tribunal Correctionnel de Grenoble a rendu son verdict. L'ancienne maire de Meylan a été reconnue coupable de "prise illégale d'intérêt". Elle a été condamnée à 18 mois de prison avec sursis, 5 ans d'inéligibilité et 20000 euros d'amende. Reconnu coupable de "recel de prise illégale d'intérêt", son mari a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende.

Les ''Petits Balkany du Grésivaudan'', comme les décrivait le représentant du Ministère public lors du procès, n'ont pas fait appel de cette décision.

Pour en savoir plus sur les affaires de corruption politicienne, nous recommandons le livre French Corruption (Stock, 2013), une enquête stupéfiante sur les pratiques de financement politique et d'enrichissement personnel de plusieurs maires membres de partis de droite... dont Patrick Balkany.

Sources : Dauphiné Libéré, 26/11/15, 16/09/15, 02/05/13, 04/07/15, 20/08/15, 16/12/15, 21/01/16, 09/02/16, 10/02/16 ; Le Point, 24/07/13 ; France 3, 04/07/15, 09/02/16.

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