Crolles 1 et Crolles 2

Production de nanopuces électroniques

Le complexe industriel de Crolles rassemble deux usines de fabrication de nanopuces pour matériels électroniques, Crolles 1 et Crolles 2. Chaque année, elles produisent plusieurs centaines de milliers de plaques de silicium d’un diamètre de 200 à 300 millimètres, d’une épaisseur de 90 à 32 nanomètres.

Ces puces et matériels électroniques sont principalement destinés au marché automobile, à l'informatique, à l'imagerie, à la photonique, au secteur de l'énergie, à de nombreuses applications industrielles et grand public. Le marché en forte croissance depuis 2016 est celui des capteurs pour les objets connectés par internet. En 2013, les capteurs représentaient déjà environ 16% du chiffres d'affaires des usines de Crolles, l'automobile 21%, la puissance 22%, les microcontrôleurs et la mémoire 17%, l'imagerie et la photonique 6%. En 2017, 70 modèles de smartphones dans le monde utilisaient des nanopuces produites à Crolles.

Pour fabriquer les nanopuces, de nombreux intrants sont nécessaires : des tranches de Silicium, des gaz toxiques (AsH3, PH3, NF3...), des gaz corrosifs (HBr, HF...), des gaz neutres (N2, Ar, He...), des liquides tels que des acides et des bases (HF, H2SO4, NH3...), de l'eau de ville, des résines, des composants organiques à base de glycol, de l'électricité, des liquides inflammables (isopropanol, éthanol, chlore...). Il faudrait ajouter à cette liste toutes les pièces servant aux réparations des machines.

Les usines appartiennent à l’entreprise STMicroelectronics. Crolles 2 a été construite en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et IBM. Elle a été inaugurée en 2003, pour un coût de plus de 2,7 milliards d’euros, dont environ 400 millions d’euros d’aides de l’État et 150 millions de subventions des collectivités locales. Il s’agissait à l’époque du plus gros investissement industriel français depuis dix ans. Crolles 1 et 2 employaient environ 4000 personnes en 2017.

Souvent appelée simplement ST, cette société internationale est d'origine Française et Italienne. Le S vient de SGS Society generaly di semicontuctor, et le T de Thomson. Le siège opérationnel et exécutif est situé près de Genève, en Suisse.

L’usine de Crolles 2 est souvent critiquée pour sa forte consommation en eau et en électricité, ses rejets en gaz et en produits chimiques, ses risques de catastrophe industrielle (site classé Seveso), ses conditions de travail, sa captation des subventions publiques à des fins privées (le siège de ST est basé en Suisse, paradis fiscal).

Le site est passé SEVESO seuil bas à SEVESO seuil haut en mars 2017, en raison des volumes de stockage et de consommation de produits chimiques du site. Les principaux risques sont : une fuite lors du raccordement d'une bouteille de gaz toxique comme la phosphine, une intoxication au monoxyde d'azote, une perte de confinement de stockage du fluor, la rupture d'une tuyauterie de distribution d'un gaz toxique, une fuite au niveau d'un stockage de gaz inflammable comme le silane ou l'hydrogène, la perte de confinement d'ammoniaque ou d'acide fluorhydrique, l'épandage de liquide inflammables, l'explosion de la phase vapeur de liquide inflammable usagé, ou tout simplement un incendie.

Pour en savoir plus sur les conditions de travail dans l’usine Crolles 2, nous vous recommandons le témoignage d’un ancien salarié : Pingouin en salle blanche, c’est un sale boulot.

Pour en savoir plus sur le bilan sanitaire et environnemental de cette usine, nous vous recommandons le texte Pour en finir avec Crolles 2, publié par Pièces et Main d’Oeuvre.

(Sources des chiffres : Dauphiné Libéré, 16/10/17 ; syndicat CGT, mai 2018)

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