J'aimerais connaître la qualité de l'air dans l'agglomération grenobloise.

Dans l'agglomération grenobloise, le dispositif d'alerte pollution est activé en moyenne 40 jours par an. Les zones d'habitations respirant quotidiennement un air très pollué sont situées aux proximité des grands axes automobiles, la rocade, les grands boulevards.

Christophe Pison, responsable de la clinique universitaire de pneumologie au CHU de Grenoble, détaille les effets de cette pollution : « Chez les personnes fragiles, les fines particules facilitent l'incidence de bronchites chroniques obstructives, favorisant l'exaspération de l'asthme. Il a été aussi démontré que les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires étaient très sensibles à ces particules fines. […] Un transplanté pulmonaire récupère plus vite en zone rurale qu'en zone urbaine en raison de la pollution. […] Il faut bien comprendre qu'on souffre aujourd'hui de trois grands maux : le tabagisme - actif ou passif - qui va tuer un milliard de personnes au XXIè siècle, l'inactivité physique et la pollution. » (Dauphiné Libéré, 26/11/14)

Depuis 2013, le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), classifie d'ailleurs la pollution de l'air extérieur comme cancérigène, au même titre que le tabac ou l'amiante.

En juin 2016, l’équipe d’Épidémiologie environnementale de l'Institut pour l'Avancée des Biosciences (IAB), basée à La Tronche, a publié une étude sur les conséquences sanitaires des particules fines en suspension dans l’atmosphère grenobloise. Les résultats sont affolants. 3 à 7% des décès survenant dans l’agglomération seraient dus aux effets de la pollution atmosphérique, soit environ 114 chaque année. À Grenoble même, cette pollution serait responsable de 3  à  10 %  des  nouveaux  cas  de  cancer  du  poumon.  Elle serait également la cause de plusieurs  dizaines  de cas  de  petits  poids  de  naissance  chez  les  enfants  nés  à  terme chaque  année. Les quartiers  dits ''socialement  défavorisés'' seraient les plus touchés, du fait de leur proximité avec les zones de pollution les plus intenses.

Selon Rémy Slama, directeur de l'IAB, "90% des décès sont dus à un niveau de pollution aux particules fines situé entre 10 et 25 microgrammes. Autrement dit, ce qui va causer les décès, c'est d'être en permanence dans une "soupe" de pollution plutôt que d'être soumis à un pic." (Dauphiné Libéré, 04/01/17)

Cette étude confirme localement les résultats d'une vaste étude nationale sur les pollutions aux particules très fines, également publiée en juin 2016 par l'agence Santé publique France. Celle-ci affirme que la pollution de l’air serait la troisième cause de mortalité en France, derrière le tabac et l’alcool, avec plus de 40 000 décès par an. Dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitant-e-s, chaque personne perdrait en moyenne 15 mois d’espérance de vie à 30 ans du fait des particules très fines, 9 mois dans les zones rurales.

Une étude de l'Agence régionale de santé publiée en 2014 affirmait déjà que les Grenoblois-es pourraient vivre en moyenne 6 mois à un an de plus si les ''valeurs guide'' de l'OMS pour les particules les plus fines de l'air étaient respectées dans l'agglomération.

Par ailleurs, d’après une étude 2015 de l’Institut de veille sanitaire menée dans quarante communes autour de Grenoble, entre 100 et 200 personnes succomberaient chaque année du fait de la pollution de l'air. Celle-ci serait l’une des premières causes environnementales de décès par cancer dans le monde, responsable de 600 000 morts, chaque année, en Europe, dont 42 000 en France.

En 2017, l'Agence Régionale de Santé publiait une étude selon laquelle 4 400 personnes seraient mortes en 2016 du fait de la pollution atmosphérique en région Auvergne-Rhône-Alpes, soit 7,4% de la mortalité locale.

Qui contrôle actuellement la qualité de l'air dans l'agglomération grenobloise ?

Chaque jour, Air Rhône Alpes, (anciennement Association de surveillance et d’information sur la qualité de l’air dans l’agglomération grenobloise, Ascoparg), publie sur son site internet l’état de la qualité de l’air local mesuré par ses sondes.

Air Rhône Alpes calcule un indice de la qualité de l’air, l’indice ATMO. L’indice ATMO prend en compte quatre polluants, le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, l’ozone et les particules fines inférieures à 10 microns. Cet indice est calculé quotidiennement sur une période de 24 heures. Le résultat est un nombre compris entre 1 et 10. Au dessus du niveau 5, la qualité de l’air devient médiocre ou mauvaise. Voici les pourcentages des jours d’une année où l’indice ATMO est globalement supérieur à 4 à Grenoble :

  • 2005 : 30%
  • 2006 : 30%
  • 2007 : 42%
  • 2008 : 29%
  • 2009 : 35%
  • 2010 : 30%
  • 2011 : 37%

En 2007, la totalité de la population du cœur de l’agglomération grenobloise, soit 319 000 habitant-e-s, était soumise à des niveaux de pollution aux particules PM 10 supérieurs à la valeur limite. Pendant plus de 35 jours, la concentration en particules en suspension était supérieure à 50 microgrammes/m³ en moyenne annuelle. (source : Place Grenet, 15/07/15)

En 2013, les pics de pollution ont dépassé les valeurs de 2012 et rejoint les niveaux atteints en 2011. L'air du bassin grenoblois a été "pollué" près d’un jour sur huit. L’année 2013 s’est terminée par seize jours de pollution consécutifs, du 3 au 18 décembre 2013. (Place Grenet, 14/03/14)

Selon Nicolas Vigier, ingénieur à Air Rhone-Alpes, se veut cependant rassurant : « On observe depuis dix ans une situation qui ne se dégrade plus ». (Dauphiné Libéré, 22/10/2013)

Précisons que le fonctionnement et le financement d'Air Rhône Alpes soulève des questionnements, détaillés sur la fiche de présentation de cette association.

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