Athanor

Usine de tri et d'incinération des ordures ménagères

Quand nous jetons des choses dans les poubelles grises ou vertes de l’agglomération grenobloise, il y a de fortes chances pour qu’elles finissent brûlées à l’usine Athanor.

Cette usine réceptionne et trie le contenu des différentes poubelles, par des moyens automatiques et par un tri manuel effectué par une trentaine d’ouvriers spécialisés. Environ un tiers des matières organiques présentes dans les poubelles grises est envoyé vers un centre de compostage, puis épandu dans des zones agricoles. Près de la moitié des matériaux recyclables présents dans les poubelles vertes (canettes, cartons, plastiques…) est extraite puis recyclée pour d’autres usages industriels.

Tout le reste est ensuite brûlé :

  • les refus du centre de tri et du centre de compostage, ainsi que les déchets incinérables déposés en déchetteries (pour les communes appartenant à la Métro) ;
  • la collecte résiduelle et les refus de tri, ainsi que les ordures ménagères brutes des communes n’ayant pas de système de tri (pour les communes n’appartenant pas à la Métro) ;
  • les déchets hospitaliers.

L’incinération des ordures constitue un système de déplacement de la pollution : les ordures brûlées à plus de 800 degrés sont transformées en cendres stockées dans des décharges et en poussières qui se retrouvent dans l’atmosphère ou retombent sur les sols. Ces résidus sont chargés de métaux lourds et de particules fines toxiques.

Les cheminées d’Athanor rejettent en effet des particules fines cancérigènes (dioxines, furannes…), des métaux lourds (arsenic, cadmium, plomb, mercure, nickel…), des oxydes d’azote et des gaz à effet de serre. Selon la Métro, qui a réalisé d’importants travaux en 2005 et 2006 pour améliorer le traitement des fumées, les rejets atmosphériques de l’incinérateur sont conformes aux normes en vigueur.

Cependant, aucune étude épidémiologique approfondie sur les conséquences sanitaires des rejets d’Athanor depuis sa création en 1994 n’a été réalisée dans le périmètre de rejet de l’usine et dans l’agglomération grenobloise. Par ailleurs, les mesures de pollution sont généralement réalisées par des organismes directement ou indirectement liés aux autorités ou aux industries locales, comme l’association Air Rhône Alpes.

Plus de 170 000 tonnes de déchets sont incinérés à Athanor chaque année. La vapeur produite par l’incinération alimente le réseau de chauffage urbain et en assure le tiers de la consommation annuelle, soit l’équivalent d’environ 25 000 logements.

L’incinérateur Athanor a été créé en 1972. Il appartient à la Métro, mais est géré en délégation de service public par la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise, dont les principaux actionnaires sont la Ville de Grenoble (52 %) et le groupe privé Dalkia (42 %), une filiale de la multinationale Veolia (ex Vivendi - Générale des Eaux). La capacité d'incinération d'Athanor est de 180 000 tonnes par an. En 2017, il a incinéré 177 000 tonnes. Sa modernisation est prévue en 2024, pour un montant de 138 millions d'euros HT.

Le Centre de tri d'Athanor a été créé en 1992. Il appartient également à la Métro, mais est géré en délégation de service public par la Star, la Société de tri d'Athanor, filiale de Pizzorno Environnement. Sa capacité de traitement est d'environ 40 000 tonnes de déchets par an. En 2017, le Centre a traité 33 000 tonnes. Sa modernisation est prévue en 2026, avec un investissement de 22 millions d'euros HT.

Pour des informations plus approfondies sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’incinération des déchets, nous vous recommandons de contacter le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID).

Signalons qu'en 2016, le système de tri des déchets a évolué : tous les emballages plastiques peuvent désormais être jetés dans les poubelles vertes destinées au recyclage, les petits sacs fin, les paquets de chips, les pots de yaourt, tout type de bouteilles en plastique, etc. Une partie de ces plastiques triés à Athanor est utilisée par des industries pour fabriquer de nouveaux objets en plastique, comme des cintres ou des sacs poubelles. 1,6 millions d'euros ont été investis par la Métro pour ce nouveau système de tri. En 2017, cette mesure a permis de récolter 3% de plastiques en plus.

Ce nouveau système de tri ne supprime cependant pas le problème de l'augmentation des volumes de déchets, des emballages et du gaspillage. En 2015, les habitant-e-s de la Métro auraient produit 920 000 mètres cubes de déchets, soit environ deux fois le volume du Stade des Alpes. En 2016, 239 711 tonnes de déchets ont été collectés dans les 49 communes de l'agglomération, soit environ 531 kilos de déchets par habitant-e et par an. Ces déchets sont collectés par 75 camions-bennes, 6 jours sur 7.

Notons enfin que le tri des poubelles est encore loin de faire l'unanimité dans l'agglomération grenobloise. À Grenoble en 2017, 30 à 40% des déchets jetés dans les poubelles vertes n'auraient rien à y faire. Cette proportion atteindrait les 50 % à Pont-de-Claix, à Fontaine, à Échirolles ou à Noyarey. Saint-Martin-d'Hères ferait partie des villes ''triant'' le plus, avec seulement 20 % de déchets inadéquats dans les poubelles vertes.

(Sources : Dauphiné Libéré, 03/05/16, 05/05/16, 31/05/16, 08/08/17, 28/04/18)

A voir aussi

Une erreur ? Un complément à ajouter ? Signalez-le nous !

Vous souhaitez faire une autre recherche ?

ou Faites une recherche par thème